Mongolie: Avoir l'âme bien en selle
Il existe bien des façons d’explorer la dernière grande région sauvage de la terre, mais la meilleure reste de la parcourir comme Gengis Khan : à cheval. Un périple de deux semaines dans les steppes de Mongolie chassera en vous le sentiment de claustrophobie qu’induit la vie moderne et vous offrira une perspective sans flafla sur un monde d’un naturel âpre et authentique.
Avec ses 1,5 million de km2 – principalement occupés par des montagnes bordées de broussailles et un vaste désert – et ses deux millions d’habitants à peine, la Mongolie s’avère être la dernière grande partie sauvage du monde. Il s’agit, en dehors de la zone polaire, de la région la moins densément peuplée de la planète, ce qui est ironique quand on songe que les descendants du légendaire empereur Gengis Khan sont aujourd’hui 16 millions!
Mais voilà qui est déjà instructif, car – et vous devez le savoir – la Mongolie n’est pas ce qu’on pourrait appeler un parc thématique. Si vous avez passé vos dernières vacances à Disneyland, cette destination n’est pas pour vous.
Tout son intérêt réside d’ailleurs dans son absence de joliesse. Le désert de Gobi est un endroit à mille lieues des grandes villes modernes. C’est un endroit silencieux et vaste où on a l’impression, on s’en rend compte en revenant, de passer son temps dans un état de stupéfaction. Il est possible de visiter la Mongolie en 4×4, mais la meilleure façon est de la parcourir à cheval. Ce que j’ai fait avec un groupe.
Nous avons atterri dans la capitale, Oulan-Bator, dont l’aspect est peu riant, et nous sommes dirigés vers un restaurant de «fine cuisine mongole», lequel était fort moyen, mais cela n’a dérangé personne. Le lendemain, nous sommes allés voir nos petits mais beaux chevaux. Une femme du groupe s’est vite prise d’affection pour les bêtes, ce qui était fort bien, car un parcours de 35 km dans des steppes arides nous attendait ce jour-là.
Et ce fut extraordinaire. Un peu dur pour les fesses et l’intérieur des cuisses, mais extraordinaire. Ce ne fut pas une promenade dans un parc thématique. Pendant deux semaines, il n’y a eu que nous, nos chevaux et le paysage impressionnant de la Mongolie.
Nous avons dormi dans une yourte, la tente traditionnelle en feutre des nomades; avons visité les lieux associés à la mémoire de Gengis Khan, dont la montagne de Burkhan Khaldun et le lac de Khar Zurkhen (où Gengis a été fait khan, c’est-à-dire empereur des Mongols); avons parcouru l’incroyable réserve naturelle de Gun Galuut et avons poussé, par les steppes vallonnées, jusqu’à la rivière Kherlen.
En chemin, nous avons rencontré des familles de nomades que nos manières d’Occidentaux semblaient rebuter au début, mais qui se montraient vite d’une extrême générosité en dépit de leur style de vie difficile.
Le dernier jour, nous sommes rentrés à Oulan-Bator en voiture, ce qui nous a paru étrange. Après m’être purifié l’âme à fond, j’ai éprouvé une certaine réticence à l’idée de me déplacer dans mon 4×4, lequel m’est alors apparu horrible et quasi extra-terrestre. Seules mes fesses envisageaient la chose avec soulagement.
Le pays des chevaux
- La Mongolie compte plus de chevaux que d’habitants, soit trois millions.
- Suivant les critères occidentaux, les chevaux mongols s’apparentent à des poneys : ils mesurent moins de1,50 m au garrot.
- La race a très peu changé depuis Gengis Khan.
- Les chevaux mongols sont doux et ressemblent peu aux chevaux des
fermes occidentales, étant habituésà vagabonder dans les steppes. - Il faut éviter les couleurs vives et les vêtements qui font du bruit, comme les imperméables.
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