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La renaissance de Pittsburgh

Paul Baldwin - Metro World News

F. Scott Fitzgerald, qui a affirmé qu’il n’y avait pas de deuxième acte dans la vie d’un Américain, n’a manifestement pas tenu compte de Pittsburgh. Le seul nom de Pittsburgh évoque l’acier et la fumée. Cette ville semble aussi yankee qu’une chanson de Bruce Springsteen et aussi industrielle que doit l’être le lieu de naissance d’Andrew Carnegie. Henry John Heinz, connu pour ses «57 variétés» de ket­chup et ses fèves en conserve, y est aussi né, ce qui est à propos, puisqu’on a longtemps eu l’impression que Pittsburgh était la fève au lard des villes américaines : honnête et fiable, mais un peu fade.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui
Érigée dans une des régions rurales les plus magnifiques d’Amérique du Nord, imprégnée d’histoire et pleine de confiance, cette ville se réinvente lentement en tant que plaque tournante de la haute technologie et capitale culturelle. La «ville des ponts» (on en compte 446 au confluent des rivières Alleghany, Monongahela et Ohio) ne donne plus l’impression d’avoir été construite pour nourrir les énormes aciéries d’Andrew Carnegie. Il s’agit plutôt d’une cité florissante qui regorge de salles de spectacle, de galeries, de musées, d’opéras, de bars et de parcs superbes.

Cette année, le magazine Forbes a décerné à Pittsburgh le titre de «ville la plus habitable» des États-Unis. Côté budget, Pittsburgh est aussi l’une des plus «visitables». Il faut laisser tomber les clichés faciles et les anciennes images de cheminées qui crachent et commencer à l’associer au charme de Strasbourg, à l’aspect bohème de Berlin et au dynamisme de Londres. Si Pittsburgh était située en Europe, elle figurerait dans la liste des villes à visiter de tout touriste.  Pour moi, la meilleure façon de jouir de la ville consiste à flâner et à aller là où ma curiosité me porte ou même à participer à une des visites guidées. Pittsburgh se divise en catégories bien définies, comme si la ville avait été conçue par un chroniqueur touristique…

  • Culture

Andy Warhol habitait à Pittsburgh. L’artiste populaire le plus recherché du monde serait impressionné par la quantité de créations artistiques intellectuelles que la ville offre de nos jours. Les 14 pâtés de maisons du quartier culturel abritent 7 salles de spectacle majeures et un tas d’autres établissements présentant des concerts de musique classique ou contem­poraine, du ballet, de la danse moderne, des arts visuels, des opéras et des pièces de théâtre. Il faut absolument voir le Benedum Center for The Performing Arts (Liberty Avenue), sans aucun doute la plus belle salle de spectacle des États-Unis, et le Warhol Museum (Sandusky Street).

  • Histoire

Des premiers Pittsburghais, c’est-à-dire les Iroquois et les Shawnee, aux longs conflits entre les colonisateurs français et britanniques, en passant par la guerre de Sécession et l’ascension de la ville en tant que puissance industrielle, l’histoire de cette ville américaine centrale est exposée au Senator John Heinz History Centre (1212 Smallman Street). Les Nationality Rooms de l’Université de Pittsburgh célèbrent le patrimoine ethnique qui présente une grande diversité, tandis que le Frick Art and Historical Centre présente l’histoire de la ville à l’époque victorienne ainsi qu’une collection impressionnante d’Å“uvres d’art européennes.

  • Divertissement

Désigné lieu historique, le Kennywood Park possède pas moins de six montagnes russes de niveau international (les manèges sont fermés pour l’hiver et rouvriront en mai 2011). Ceux qui ont besoin de se détendre peuvent essayer une des 14 principales glissades d’eau du Sandcastle Water Park ou aller au zoo, d’une superficie de 77 acres. On peut y voir 4 000 animaux et un aquarium spectaculaire appelé Waters Edge, constitué de tunnels de verre.

  • Sports

Si on demande à presque n’importe quel Pittsburghais ce qu’il aime de sa ville, il répondra qu’il y a toujours moyen d’assister à un match quelconque. Le sport fait partie des éléments moteurs de la ville. Par exemple, en 2009, les Steelers ont remporté le Super Bowl, et les Penguins, la Coupe Stanley. Il est particulièrement facile de se procurer des billets pour les Pirates, une équipe de baseball sous-performante si on en croit la plupart des Pittsburghais.

  • Trois choses qu’on ignore sur Pittsburgh

Rock and roll
The Outcasts, un groupe de garage nova­teur, a lancé le disque classique et psychédélique I’m in Pittsburgh and It’s Raining en 1964. En 1985, la chanson-titre a été reprise par The Vibes.

La flatterie ne mène à rien!
En 1850, la ville comptait 1 000 usines qui crachaient de la fumée, ce qui a poussé l’auteur James Parton à comparer Pittsburgh à un enfer à ciel ouvert.

On est bien chez soi
En 2010, la qualité de vie s’est tellement améliorée à Pittsburgh que le magazine influent Forbes lui a décer­né le titre de ville où il fait le mieux vivre aux États-Unis.

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