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Postes garantis

Postes garantis
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Plusieurs citoyens reprochent aux élus fédéraux de l’ouest de Montréal d’être absents sur le terrain. Pourtant, les députés libéraux ont été réélus haut la main avec de fortes majorités, la semaine dernière. Étant dans des circonscriptions marquées au rouge depuis des lunes, ils sentent moins la pression de s’engager auprès de la population puisque leur réélection s’avère acquise, avance un spécialiste de la politique canadienne.

«L’enseigne des libéraux est tellement forte dans ces circonscriptions qu’on pourrait avoir une personne incompétente qu’elle se ferait élire pareille. Le fait qu’il n’y ait aucune pression ou menace des autres partis, ça ne pousse pas au dépassement de soi», analyse le chargé de cours en science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), André Lamoureux.

Pourtant, Francis Scarpaleggia, qui vient d’obtenir un sixième mandat dans la circonscription de Lac-Saint-Louis, se décrit comme un politicien de terrain.

«J’aime beaucoup être présent dans la communauté et avoir des liens directs avec la population et les intervenants. Ça, ça ne changera pas. J’ai la chance de représenter une circonscription qui n’est quand même pas trop loin d’Ottawa. Ça me permet d’être plus présent qu’un député qui représente une circonscription très éloignée, sur la côte ouest par exemple», explique-t-il.

Le visage démographique des circonscriptions influence beaucoup la couleur politique, soutient M. Lamoureux. Contrairement aux secteurs majoritairement francophones, les régions anglophones et multiculturelles vont rebuter, par exemple, les enjeux sur le nationalisme ou la laïcité.

«Une personne pourrait vraiment traîner de la patte, faire plus ou moins bien son travail et même générée de l’insatisfaction, si elle se présente sous l’étiquette qui domine la circonscription, elle se fera réélire.» – André Lamoureux, politologue

Rôle
Bien qu’ils soient dans des circonscriptions presque garanties, les députés ont un rôle essentiel à l’égard de leurs électeurs. Les élus doivent souvent faire pression sur les organismes fédéraux dans différents dossiers citoyens.

«Il y a beaucoup de cas relatifs à l’immigration, les pensions de vieillesse et l’assurance-emploi. Ça prend une grande part de leur temps dans leur travail», dit le politologue.

En situation de gouvernement minoritaire, leur rôle changera peu, mais ils devront avoir une discipline de fer. M. Scarpaleggia admet que ce sera plus difficile de s’absenter d’Ottawa pendant la semaine afin d’être présent lors de votes aux Communes afin d’éviter un renversement du gouvernement.