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La cloche originale de l’église de la Visitation retracée et «protégée»

Elle a été localisée à Rivière-du-Loup grâce aux travaux de recherche de la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville (SHAC). Photo: Christian Lemire/ministère de la Culture et des Communications

La cloche de l’église de la Visitation, la plus vieille à Montréal, et qui a été portée disparue depuis 30 ans, est désormais « protégée » par un avis du ministère de la Culture. Elle a été localisée à Rivière-du-Loup grâce aux travaux de recherche de la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville (SHAC), où se trouve cette église qui date de 1751, et de l’architecte Jocelyn Duff.

«En personne, le ministre de la Culture Mathieu Lacombe m’a téléphoné pour m’annoncer qu’il allait signer un avis de classement à protéger, révèle M. Duff en entretien avec Métro,  ça va avoir pour effet qu’il (l’actuel propriétaire) ne pourra plus la vendre à l’étranger au moins, il faut que cela reste au Québec.»

Face aux intempéries

La cloche faisait partie d’une exposition d’objets antiques principalement de plusieurs centaines de cloches de bateaux, d’écoles, de trains et d’églises. L’exposition a été fermée au public depuis 2010 et la cloche originale de la plus vieille église à Montréal croule sous la neige, l’hiver, et s’expose aux intempéries et au soleil, en pleine nature.

Avec l’avis du ministère, l’actuel propriétaire qui est le petit-fils d’un antiquaire qui l’avait achetée voilà une trentaine d’années, va devoir la mettre à l’abri selon la SHAC. La cloche était exposée, dans la cour du lieu d’exposition sous l’appellation de « cloche Chapelle de jésuite du Vieux-Montréal »

«Nous avons pu identifier que c’était la nôtre et ce sont les experts du ministère de la Culture qui ont confirmé qu’elle vient bel et bien de notre église», se réjouit M. Duff. «Il ( l’actuel propriétaire) conteste toujours alors qu’il y a des preuves accablantes que c’est notre cloche. On n’est pas au bout de nos peines, croit Jocelyn Duff, on a fait un bout de chemin, elle ne nous appartient pas légalement sauf qu’on a en main de bons arguments et l’authentification du ministère.»

On parle de millions

Il reste plusieurs étapes légales à franchir avant que la SHAC demande à racheter la cloche. Au cours des deux prochains mois, le ministère doit recueillir des commentaires ou contestations éventuelles de son avis de classement avant la suite des choses. Entre-temps, la Société d’histoire se prépare à racheter l’objet, mais redoute les prix qui pourraient être demandés. De plus, le propriétaire qui a mis en vente toute sa collection ne souhaite pas diviser son lot. Mais pour seulement la cloche qui représente le plus vieil objet de la collection, on parle de millions selon un des administrateurs de la SHAC.

 Ils peuvent demander le prix qu’ils veulent. Ce qu’il va falloir faire c’est de trouver les sous du privé, du gouvernement. Moi j’ai entendu des montants au-dessus du million.

Rodrigue Martin, administrateur de la Société d’histoire d’Ahuntsic Cartierville

Ce dernier se réjouit déjà d’avoir pu retracer la pièce manquante de l’église. Mais le plus dur reste à faire, croit-il. «Tant mieux que ce soit fait cette protection. Après, la ramener ici ce sera un autre combat», estime M. Martin

La façade actuelle fut ajoutée en 1851.

La première messe sur l’île de Montréal a été célébrée sur le site actuel de l’église, en 1615, en présence de Samuel de Champlain. Puis, une chapelle a été érigée vers 1700, intégrée au Fort Lorette. Une nouvelle église de la Visitation fut construite en 1751.

Elle est la seule restante du régime français à Montréal. La façade actuelle fut ajoutée en 1851. Joyau de notre patrimoine, elle a traversé trois siècles et demeure un riche témoin du passé collectif : de nombreuses femmes et beaucoup d’hommes ont nourri leur foi, leur espérance et leur charité en se rassemblant en ce lieu.

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