Ahuntsic-Cartierville

Des fouilles archéologiques autorisées à côté de l’église de la Visitation

Photo: Archives/TC Media

Le permis pour des fouilles archéologiques sur le terrain situé près de l’église de la Visitation a été délivré le 20 avril au nouveau propriétaire, a appris TC Media. La recherche doit être menée par des spécialistes qualifiés qui doivent communiquer les résultats de leurs travaux au ministère de la Culture.

Ces excavations sont nécessaires, car elles conditionnent tout futur développement immobilier sur ce site.

Par ailleurs, si les fouilles ne révèlent la présence d’aucune structure importante et que la construction sur le site est autorisée, il faudra respecter le secteur patrimonial. Aucun nouvel édifice ne devra faire ombrage à l’église classée qui se trouve à proximité.

Le terrain, propriété de la congrégation des sœurs de Miséricorde, a été vendu le 30 mars à un promoteur immobilier pour 2M$.

Des citoyens et des défenseurs du patrimoine ont alerté l’opinion publique et les élus dès qu’ils ont appris que des condos pouvaient être érigés dans le vieux village du Sault-au-Récollet.  On suppose que des vestiges historiques du fameux Fort Lorette seraient enfouis sous ce site.

La situation est suivie de près notamment par la députée provinciale de Crémazie, Marie Montpetit, et la conseillère municipale du district du Sault-au-Récollet, Lorraine Pagé. «Rien ne se fera et aucune demande ne sera étudiée sans que l’on sache ce qu’il y a sous terre», avait averti Mme Pagé dans une précédente entrevue.

Selon Vincent Garneau, historien et co-président de la Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville, de nombreuses constructions se sont superposées avec le temps dans ce secteur.

Le Fort Lorette, qui avait remplacé la Mission de la Montagne destinée à l’évangélisation des autochtones et les éloigner de l’alcool ramené par les colons, y a été bâti en bois en 1691. L’ancien magasin de munitions du fort était encore debout jusqu’en 1929.

Dans un document sur l’évaluation du patrimoine urbain de la ville de Montréal, publié en 2004, on signale que la chapelle du fort était située à l’endroit de l’actuelle église de la Visitation. Le bâtiment isolé devait aussi éloigner les populations amérindiennes de l’alcool. Le dernier pan de ce fort y était jusqu’en 1929.

Sur ce terrain, à l’extrémité nord de la rue des Jésuites, Jacques-Janvier Vinet, curé du Sault-au-Récollet, avait fait construire la maison Saint-Janvier en 1853.
En 1903, les sœurs de Miséricorde y avaient ouvert un orphelinat.

Malgré nos sollicitations, la congrégation des sœurs de Miséricorde n’a toujours pas expliqué la raison de la vente.

 

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