Ahuntsic-Cartierville
16:28 22 janvier 2020 | mise à jour le: 22 janvier 2020 à 19:01 temps de lecture: 4 minutes

Duvernay-Tardif : du Phénix d’André-Grasset aux Chiefs de Kansas City

Duvernay-Tardif : du Phénix d’André-Grasset aux Chiefs de Kansas City
Photo: Amine Esseghir/Courrier AhuntsicLaurent Duvernay-Tardif maintient le contact avec le collège André-Grasset où il a commencé à jouer sérieusement au football et avec son ancien entraineur Toni Iadeluca (sur la photo).

Le 2 février, lors du 54e Super Bowl, Laurent Duvernay-Tardif prendra sa place sur la ligne de mêlée avec ses coéquipiers des Chiefs de Kansas City. Si un sentiment de fierté animera bien des foyers québécois, il sera particulièrement fort au Collège André-Grasset, là où le numéro 76 est devenu l’un des plus grands espoirs du football canadien.

«On peut dire que c’est une légende ici», convient Elizabeth Forget-Lefrancois, conseillère en communications au Collège André-Grasset.

Celui qui aura la tâche de protéger le quart-arrière Patrick Mahomes des assauts de l’unité défensive des 49ers de San Francisco a étudié dans le quartier Ahuntsic il y a une décennie. Son influence s’y fait toujours sentir, comme en témoigne son portrait qui trône au temple de la renommée du collège.

«Je voyais qu’il avait du talent et qu’il avait une chance de percer en LCF (Ligue canadienne de football NDLR), mais je n’avais jamais imaginé qu’il se retrouverait là où il est, en NFL», admet Tony Iadeluca, enseignant et entraineur sportif au collège André-Grasset.

Ce dernier a connu Duvernay-Tardif en 2010, à sa dernière année collégiale. Alors que le sportif se donnait à fond dans ses entrainements, M. Iadeluca le conseillait sur son avenir.

«Je lui disais, si tu t’inscris en médecine à McGill tu gagneras plus d’argent en tant que médecin que tu en ferais en LCF. Ce n’est pas le football qui va te faire vivre, c’est la médecine », raconte-t-il sous la photo de son ancien protégé accrochée au mur.

Or, Laurent Duvernay-Tardif a non seulement prouvé qu’il pouvait conjuguer les deux domaines, le football et la médecine, mais aussi qu’il pouvait atteindre le sommet d’une des plus grandes ligues de sport au monde.

Aujourd’hui, M. Iadeluca reconnaît que son succès n’est pas très surprenant : «C’est un jeune qui se donne à 150% dans tout ce qu’il fait. Il est tellement déterminé, qu’il réussit tout ce qu’il entreprend.»

Laurent Duvernay-Tardif collège André-Grasset en 2010Sur la bonne voie

Laurent Duvernay-Tardif est le premier footballeur québécois à participer au Super Bowl après avoir fait ses classes en sport universitaire au Québec. Un exploit qu’il ne réaliserait peut-être pas s’il n’avait pas d’abord passé par le Phénix d’André-Grasset. À l’époque, Laurent Duvernay Tardif jouait d’abord sur la ligne défensive. C’est M. Iadeluca qui a changé sa position.

«On manquait de joueurs cette année-là et il avait joué aux deux positions.» À la fin de l’évaluation, en fin de saison, M. Iadeluca a pu convaincre Duvernay-Tardif de rester en ligne offensive. «Les jeunes trouvaient que c’était plus glamour de jouer en ligne défensive, c’était difficile de leur faire changer de position.»

Aujourd’hui, malgré son succès, Laurent Duvernay-Tardif maintient le contact avec son ancien coach. «Quand on se voit, il fait toujours le même commentaire. Il dit que je suis le premier qui lui a changé de position et que c’était la bonne chose à faire.»

Un modèle

Laurent Duvernay-Tardif est aussi une personnalité généreuse de son temps qui n’hésite pas à se rendre à son ancien collège lors de certaines activités sportives, selon son ancien entraîneur.

«C’est quelqu’un qui n’oublie pas ses racines et il en est fier», assure M. Iadeluca, ajoutant qu’il sert d’exemple aux jeunes joueurs des Phénix.

«Quand des joueurs me disent que c’est dur de combiner les deux, le sport et les études, je leur rappelle qu’il avait 30h de cours par semaine et il s’entrainait souvent jusqu’à 20h ou 21h tous les jours.»

Parions qu’ils seront nombreux devant la télé pour regarder le botté d’envoi du 54e Super Bowl, le dimanche 2 février, à 18h30.

Articles similaires