Ahuntsic-Cartierville
18:16 8 avril 2020 | mise à jour le: 8 avril 2020 à 18:17 temps de lecture: 4 minutes

Le coronavirus complique les risques d’inondations

Le coronavirus complique les risques d’inondations
Photo: Amine Esseghir/Courrier AhuntsicLes signes avant-coureurs des crues printanières sont là. Une partie du parc Beauséjour est inondée.

La rivière des Prairies est sous surveillance. L’eau monte à vue d’œil dans certains secteurs d’Ahuntsic-Cartierville. La Ville et l’arrondissement se disent prêts à faire face à la crue des eaux, bien que les restrictions sanitaires imposées par la pandémie du coronavirus rendent la préparation bien plus complexe qu’à l’habitude.

À Cartierville, les premiers signes d’une crue printanière sont visibles. Au parc Beauséjour, le débarcadère pour les kayaks est inondé. Au bout de la rue Crevier, l’eau est montée à proximité du club de canotage. Sur la rue Notre-Dame-des-Anges, l’administration locale a posé des murets en béton le 18 mars alors que le niveau de l’eau a débordé sur l’asphalte.

L’épidémie de coronavirus n’a rien à voir, mais Hichem Mebrek, un résident de la rue Cousineau qui a vécu deux inondations, craint de devoir assister à une troisième en quatre ans. «On voit l’eau monter, mais on ne voit pas de moyens mis en place», observe-t-il. Pourtant, la préparation sera plus importante que jamais en raison des mesures sanitaires d’urgence.

Malgré la crise du coronavirus,  le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) distribue, depuis le 7 avril, des accroches portes sur les rues susceptibles d’être inondées pour rappeler aux citoyens qu’il faut se préparer à l’éventualité d’une crue printanière.

Il y a plus de 3000 adresses à voir, réparties entre Cartierville, Pierrefonds-Roxboro, Sainte-Geneviève, l’île Bizarre et le village Senneville.

«Il faut que les gens commencent à se préparer maintenant, car nous avons une contrainte supplémentaire, indique Louise Desrosiers, porte-parole du SIM. Dans la situation de la pandémie, les commerces ont réduit le nombre de personnes qui peuvent entrer dans leurs locaux.»

Il faut à tout prix éviter que les gens aillent se ruer dans les quincailleries. «Les citoyens peuvent commencer à aller chercher des poches de sable, ils peuvent préparer leurs trousses d’urgence tout de suite.»

Des masques et des sacs de sable

À l’arrondissement, les préparatifs vont bon train. Un inventaire du matériel déjà stocké a été rendu public. On y trouve des murets de béton (jersey), des milliers de sacs de sable, des digues «citadelles», des pompes et des génératrices, mais aucune trace des équipements de protection de la santé. L’arrondissement se veut toutefois rassurant, ce type de matériel sera disponible.

«L’arrondissement dispose de tout le matériel de protection individuelle pour nos employés appelés à travailler sur la crue ou actuellement sur les services essentiels que ce soit des masques, des gants ou des désinfectants», assure le service des communications de l’arrondissement.

Ce sera la direction des travaux publics qui déploiera ses employés sur le terrain si l’eau déborde.

«Nous avons des masques N95 et nous les fournirons aux cols bleus appelés à intervenir, précise Émilie Thuillier, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville. On en avait déjà acheté pour d’autres besoins. Nous en avons beaucoup.»

Sans vouloir préciser la quantité de ces équipements, Mme Thuillier est formelle : il y’en a pour une longue période.

«Je sais aussi que la ville en a acheté pour les besoins des employés», ajoute-t-elle. Les équipements de protection individuelle seront le moyen principal pour protéger les employés de la contamination.

Par ailleurs, la technique éprouvée des digues citadelles (de grands sacs en toile qui peuvent contenir plusieurs quintaux de sable) est une autre assurance pour les employés. Les sacs sont déposés vides et remplis avec une machine à l’endroit où l’eau s’infiltre. C’est par ce moyen que les inondations des rues et des maisons ont été évitées l’année passée.

«Pour mettre en place ces digues, on utilise de la machinerie, mentionne Mme Thuillier. Donc le col bleu qui est dans son camion n’est en contact avec personne.»

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