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Action collective contre L’Île-Bizard

Action collective contre L’Île-Bizard
Photo: François Lemieux/Cités Nouvelles

Des citoyens de l’Ouest-de-l’île en sont à préparer une action collective contre l’arrondissement de L’Île-Bizard – Sainte-Geneviève et son maire Normand Marinacci pour négligence et mauvaise gestion lors de la crue printanière des eaux. Les requérants ont récemment déposé une demande pour être entendus par la Cour supérieure.

Robert Idsinga, un résident de Roxboro s’étant impliqué comme bénévole à L’Île-Bizard ainsi que Joanna et Jason Lemieux, un couple qui habite le Croissant Barabé, sont les instigateurs de la démarche.

Selon eux, les résidents de L’Île-Bizard – Sainte-Geneviève auraient subi des dommages moraux, physiques et psychologiques à la suite des inondations s’étant produites en raison de décisions inappropriées prises par le maire et l’arrondissement.

«Le maire a annoncé [en avril] qu’il n’y aurait pas assez de sacs de sable pour tous les résidents et que c’était à eux de protéger leurs propres habitations. Ça a causé un grand désavantage aux personnes vulnérables comme les personnes âgées, les handicapés et les personnes ayant des problèmes de santé ou à mobilité réduite», peut-on lire dans la demande de recours collectif.

Il y est également écrit que le maire aurait pris des décisions ayant privé des quartiers à plus faible revenu d’une aide, qui aurait notamment pu être fournie par les Forces armées canadiennes ainsi que de bénévoles.

Les requérants accusent aussi l’arrondissement d’avoir mal géré la distribution d’eau potable aux zones inondées, ce qui aurait mis à risque les citoyens vulnérables.

Digue
Ils avancent que le parc de maisons mobiles, dans l’ouest de l’arrondissement, aurait été inondé parce que le maire aurait omis d’ordonner la création d’une digue à l’aide de sacs de sable.

Par ailleurs, après que l’eau eut submergé une portion du Croissant Barabé, dans le nord de L’Île-Bizard, M. Idsinga clame qu’un groupe de bénévoles dont il faisait partie et l’arrondissement s’étaient mis d’accord pour créer une barrière.

Le plan aurait été d’utiliser des pompes pour évacuer l’eau au-delà de la digue afin de permettre la circulation des voitures et des véhicules d’urgence.

«Beaucoup de bénévoles sont venus travailler sur cette digue. Le maire a utilisé ce projet à son avantage en faisant notamment des entrevues avec les médias ici. Mais une fois les entrevues terminées, il ne nous a pas fourni les pompes nécessaires pour assécher la rue», prétend M. Idsinga.

Mme Lemieux précise que l’arrondissement avait promis quatre pompes de huit pouces (20 cm), mais qu’au final, une seule pompe de quatre pouces (10 cm) a été installée, ce qui n’a pas été suffisant pour faire redescendre le niveau d’eau.

Aide refusée?
M. Idsinga avance que le maire Marinacci aurait refusé de l’aide offerte par son homologue de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios (Jim) Beis. Ce dernier aurait tenté d’envoyer des bénévoles, des camions ainsi que des sacs de sable, mais M. Marinacci aurait refusé, clamant que c’était non-nécessaire. Les deux maires d’arrondissement nient toutefois cette version des faits.

M. Marinacci souligne que le dossier serait remis au contentieux de la Ville de Montréal.

«On est dans une démocratie et les gens sont en droit d’utiliser le système judiciaire. J’ai pris connaissance du document et tout ce que je peux dire, c’est que comme arrondissement et comme administration, on est bien satisfait des services qu’on a donné», souligne-t-il.

Au moment d’écrire ces lignes, plus de 150 personnes auraient signalé par écrit leur désir de faire partie de l’action collective.

Selon M. Idsinga, le processus de récolte de signatures pourrait encore durer quelques mois et atteindre jusqu’à 1000 signatures. Le montant à réclamer pour dommages matériels, moraux et punitifs n’a pas encore été déterminé.