Ahuntsic-Cartierville
05:00 1 septembre 2020 | mise à jour le: 1 septembre 2020 à 09:27 temps de lecture: 4 minutes

Christine Saint-Pierre se dévoile dans un livre

Christine Saint-Pierre se dévoile dans un livre
Photo: Les éditions du Septentrion - Patrick André PerronChristine Saint-Pierre est députée provinciale de l’Acadie depuis 2007 après avoir été trente ans journaliste

Dans les mémoires qu’elle vient de publier, la députée de la circonscription l’Acadie, Christine Saint-Pierre, présente une rétrospective de sa vie à la lumière des événements historiques dont elle a été témoin au Québec, au Canada et dans le monde.

Ici Christine Saint-Pierre se divise en 34 histoires qui peuvent être lues indépendamment les unes des autres ou sans suivre la chronologie. «Si un sujet n’intéresse pas le lecteur, il peut passer à un autre sans perdre le fil», souligne-t-elle.

En tant que personnalité publique, elle se livre sans fard. Elle évoque son enfance à Saint-Roch-des-Aulnaies, près de Kamouraska, les déboires de sa famille, l’alcoolisme de son père.

«S’il m’était arrivé quelque chose de particulier, si j’avais été victime d’une agression sexuelle par exemple, je pense que j’en aurais parlé aussi», confie-t-elle.

L’ancienne correspondante à Washington décrit aussi sa vie d’élève dans une école de rang sans moyens dans les années 1950. «Je viens d’un petit village et réussir quand on est né dans un milieu comme celui-là, ce n’était pas évident. Nous n’avions rien», relève-t-elle.

L’ouvrage a été écrit au cours des deux dernières années en collaboration avec son ancien collègue journaliste Marc Gilbert. Mme Saint-Pierre lui soumettait un premier jet qu’il vérifiait par la suite.

«Je voulais un style direct. Dans ma tête, je racontais une histoire à ma mère, ma sœur, à mes cousins ou mes amis», indique celle qui a aussi été successivement ministre libérale de la Culture et des Relations internationales.

Journaliste

Elle consacre plusieurs chapitres à ses 30 ans à Radio-Canada où elle est rentrée par la petite porte. Débutant comme recherchiste, puis documentaliste et reporter aux faits divers, il lui a fallu sept ans avant d’obtenir sa permanence.

C’était plus facile pour les hommes que pour les femmes. Ils avaient les meilleures plages horaires, les plus belles affectations. Même la journaliste la mieux payée parmi les femmes n’atteignait pas le salaire de l’homme le moins bien payé. – Christine Saint-Pierre, députée provinciale de l’Acadie

Mais c’est en tant que journaliste qu’elle a été un témoin privilégié de l’Histoire. Que ce soit la tuerie antiféministe de Polytechnique, les deux référendums, les attaques du World Trade Center le 11 septembre à New York, elle offre un point de vue particulier sur ces événements du passé.

Politique

Elle fait le saut en politique au moment où elle était convaincue qu’il fallait passer à autre chose. «Au bout de 30 ans, j’avais l’impression de raconter toujours la même histoire», signale-t-elle.

Les derniers chapitres sont truffés d’anecdotes de sa vie de ministre. Elle y présente aussi Jean Charest et Philippe Couillard qu’elle a côtoyés de près, sous un jour nouveau.

Féministe et libérale convaincue, elle conclut qu’elle a eu une belle carrière et a réussi même si elle partait de loin.

Comme une thérapie

Mme Saint-Pierre s’est mise à l’écriture alors qu’elle vivait une période difficile sur le plan personnel. «J’ai été très ébranlée par le décès de ma sœur plus jeune que moi, en avril 2018, confie-t-elle. J’étais aussi dans un creux après la défaite électorale. J’avais quelques deuils à faire.»

La suggestion d’écrire ses mémoires est venue de Marc Gilbert, qui l’a aidée à mener à bien cette entreprise. «Pour moi, c’était thérapeutique. Plus j’avançais dans l’écriture et plus je me libérais de ma peine et de mon vide intellectuel. Cela me donnait de l’énergie.»

Le livre n’est pas annonciateur de son avenir. Elle voulait surtout partager son histoire.

Mme Saint-Pierre ne percevra aucun droit d’auteur. L’argent sera remis à la Fondation Paul-Gérin-Lajoie, dont une des missions est de valoriser la langue française.

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