Ahuntsic-Cartierville
18:24 28 janvier 2021 | mise à jour le: 28 janvier 2021 à 18:25 temps de lecture: 4 minutes

COVID-19: portrait d’un quartier chaud

COVID-19: portrait d’un quartier chaud
Photo: ArchivesLa brigade des marcheurs, reconnaissable aux dossards noirs de ses équipiers, sensibilise la population vulnérable aux recommandations sanitaires.

Ahuntsic-Cartierville est parmi les quartiers de Montréal où les contaminations par la COVID-19 sont importantes. Au-delà des chiffres, il demeure difficile de brosser un portrait complet de la situation. Toutefois, grâce à la localisation des cas, la cellule de crise locale peut mener des actions pour circonscrire la contagion.

Selon les chiffres publiés à la mi-janvier, Ahuntsic-Cartierville était le second arrondissement, après Villeray–Saint-Michel-Parc-Extension, où il y avait le plus de cas. Dans le quartier Bordeaux-Cartierville, on comptait 124 cas entre le 12 et le 18 janvier. C’est deux fois plus de cas qu’à Lachine durant la même période. Il y a eu 4475 cas recensés à la grandeur de Montréal pour la même période, 390 infections à la COVID-19 ont été comptabilisées dans le quartier. Il a été cité parmi les quartiers les plus chauds de la métropole par le premier ministre François Legault.

«Je pense qu’il faut mettre cela en perspective. Il y a beaucoup de cas à Ahuntsic-Cartierville, mais nous sommes un arrondissement plus populeux que d’autres», souligne le directeur de la table de concertation Solidarité Ahuntsic, Rémy Robitaille, qui siège également à la cellule de crise mise en place dès le début de la pandémie de COVID-19.

«La propagation du virus dans l’arrondissement est inquiétante, mais elle est située aux deux extrémités d’Ahuntsic-Cartierville», indique-t-il.

La cellule de crise reçoit de la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) le nombre de cas répartis par codes postaux, ce qui permet d’avoir une image précise de leur localisation.

«C’est à Bordeaux-Cartierville près de Saint-Laurent et dans le Sault-au-Récollet proche de Montréal-Nord qu’il y a le plus de signalements. Mais il faut dire qu’on trouve des cas partout», convient le directeur de Solidarité Ahuntsic.

La zone de Revitalisation urbaine intégrée (RUI), à Bordeaux-Cartierville, est la plus touchée. Dans ce secteur, il y a beaucoup de personnes défavorisées.

«Ce sont des hypothèses. Il y a probablement de grandes familles qui habitent de petits appartements et n’ont pas la possibilité de se mettre en quarantaine. Il y aurait aussi la barrière de la langue. Même si je ne crois pas que ce soit aussi grave que lors de la première vague, il y a beaucoup de travailleurs du milieu de la santé qui habitent là aussi», énumère M. Robitaille.

Alors qu’il existe de nombreuses écoles sur le territoire d’Ahuntsic-Cartierville, le directeur de Solidarité Ahuntsic assure que ces lieux sont en observation.

Actions

Pour limiter la propagation, le milieu communautaire a mis en branle le porte-à-porte pour la diffusion de l’information. La Brigade de sensibilisation communautaire d’Ahuntsic-Cartierville, composée d’une dizaine d’intervenants communautaires, a arpenté les rues de Bordeaux-Cartierville en novembre et décembre.

Elle œuvre à sensibiliser la population dans ces quartiers aux tests de COVID-19 et aux mesures sanitaires. Sur un objectif de 1500 portes, la brigade en a fait un millier de plus.

«Le porte-à-porte est primordial. Ce n’est pas tout le monde qui va sur les médias sociaux ou qui suit l’actualité», observe M. Robitaille.

Deux autres phases pour la brigade doivent suivre cette année pour assurer une couverture de ces secteurs jusqu’à fin juin.

«Dans la première phase, c’est entre 40% et 50% des gens qui ont été visités qui n’avaient aucune idée où aller se faire dépister», relève M. Robitaille.

Tandem Ahuntsic-Cartierville, dont quelques intervenants ont joint la brigade, possède déjà l’expérience du porte-à-porte pour ses actions en sécurité urbaine.

«Quand on va les chez les gens, on leur donne quelque chose. Cela peut être des masques ou des dépliants. C’est aussi une façon de les rassurer», confie le directeur de Tandem, Léo Fioré.

Dans la prochaine phase, les brigades iront aussi dans les milieux de travail, notamment dans les ateliers de textiles et les bureaux de Chabanel. Outre les informations qu’ils diffuseront, ils distribueront du gel désinfectant.

Les brigades fournissent aussi des références aux gens dans le besoin pour de l’aide alimentaire ou du soutien psychosocial.

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