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Des immigrants se frottent à l'hiver

Apprivoisez l’hiver, c’est une priorité pour les immigrants qui souhaitent voir leurs enfants se tailler une place dans leur école. Ils viennent du Maroc, de la Tunisie, du Ghana ou du Mexique; pour eux Bordeaux-Cartierville fut la porte d’entrée dans le pays d’accueil. Aujourd’hui, les enfants de ces immigrants apprennent à patiner, glisser et jouer dehors en oubliant même l’heure du souper.

Saviez-vous que plus de 50% de la population de Bordeaux-Cartierville est née à l’étranger, et que pour des centaines d’immigrants, ce quartier est leur premier lieu de résidence au Canada. Il n’en faut pas plus pour comprendre que des gens nés à l’ombre d’un palmier, doivent s’adapter à l’hiver, ce qui n’est pas toujours facile.

Réunis au parc Louisbourg à l’occasion du traditionnel festival des sports de glace, des élèves de toutes origines des écoles primaires et secondaires des environs accompagnés de parents d’élèves et d’enseignants ont participé à différentes activités, dont le patinage et le hockey bottine. Michel Bourgeois, éducateur de plein air chargé d’organiser cet événement annuel par la Table de concertation-jeunesse de Bordeaux-Cartierville, a réussi à attirer plus d’une centaine de participants, lundi dernier. Parmi eux, on retrouve des enfants d’ailleurs qui découvrent bien naïvement les joies de leur premier hiver parmi nous.

D’origine marocaine, Roaud était présent au parc Louisbourg lundi après-midi, il se souvient d’avoir vu tomber de la neige pendant 15 minutes une fois dans sa jeunesse là-bas. «Au Maroc, il y a de la neige dans les montagnes de l’Atlas, il y a même deux stations de ski», précise Roaud qui après 13 ans à vivre ici, n’est pas encore un adepte des sports d’hiver, préférant de beaucoup le soccer dont il est un fan.

Plus loin, un jeune noir assez costaud qui joue au hockey bottine, quitte la patinoire et affirme aimer cette activité depuis son arrivée du Ghana.

Plutôt mal à l’aise sur ses patins, Sarrah, une jeune fille à la peau sombre qui se dit d’origine arabe, porte un chandail de hockey. Elle nous dit: «je suis arrivée au Québec en mai dernier, là j’apprends un peu le hockey mais pas le patinage artistique». Étudiante à l’école Évangéline en classe spéciale, Sarrah apprend le français, mais semble peu enthousiaste pour les sports de glace et le plein air en hiver.

Non lon de là, une titulaire d’une classe de 3e année à l’école primaire Louisbourg, Fatima tunisienne d’origine, se retrouve avec des élèves de sa classe et son collègue d’éducation physique, Harry Lamarre sur le site du parc Louisbourg. L’enseignante surveille quelques-uns de ses élèves qui s’initient tant bien que mal au patinage. Les plus jeunes patineurs s’appuient sur un support qui les garde en équilibre pour se déplacer, d’autres tiennent la main de Fatima pour ne pas tomber. L’enseignante rappelle que l’école prête des patins aux jeunes à l’initiative de son collègue Harry Lamarre. «En février, j’organise trois sorties extérieures dans le parc», nous dit l’enseignant qui veut ainsi amener les jeunes à jouer dehors et profiter des plaisirs de l’hiver qu’ils ne connaissent souvent pas dans leur pays d’origine.

Une Mexicaine bien emmitouflée du nom de Patricia Estrada, maman d’un enfant de neuf ans, habite le Québec depuis 14 ans, elle connaît l’hiver et ne s’en plaint pas, affirmant qu’elle voyait de la neige dans son enfance en montagne. À deux pas de là, nous croisons Redha qui est originaire d’Algérie et père de deux enfants. Redha se souvient de chacune des vagues de froid et des tempêtes depuis le début de l’hiver. Il a bien hâte à l’été mais entretemps, il joue au soccer intérieur au Collège Bois-de-Boulogne. Heureusement, il faisait doux ce lundi-là et le rassemblement a permis à nombre de participants venus de contrées lointaines, de s’initier au patinage et d’apprivoiser l’hiver dans un des plus beaux parcs du quartier.

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