Non au projet de centre de compostage voisin de Saraguay
Montréal, le 22 octobre 2013
Monsieur Yves-François Blanchet
Ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs
Monsieur le Ministre,
Les citoyens de Saraguay, quartier situé dans l’ouest de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, à Montréal, ont mandaté notre comité pour vous signifier leur désapprobation dans le choix du site d’implantation du centre de compostage de l’Ouest à St-Laurent, prévu dans le cadre du Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de la Communauté métropolitaine de Montréal.
Les consultations publiques d’octobre 2012 nous ont révélé ce projet qui suscite beaucoup d’inquiétudes. Nous n’étions alors pas assez renseignés et organisés pour nous impliquer adéquatement dans le débat. Mais nous sommes maintenant prêts à partager avec vous nos objections.
Sur le plan environnemental, les odeurs, les polluants chimiques et microbiologiques, les risques de contamination des cours d’eau, le bruit et la circulation de camions nous préoccupent. Soulignons que les lignes directrices pour l’encadrement des activités de compostage sont transgressées ou presque de plusieurs façons dans ce projet :
Zone résidentielle à 450 mètres de la limite du terrain la plus proche
Piste cyclable à moins de 500 mètres
Parc-Nature du Bois-de-Liesse à environ 375 mètres
Bois de Saraguay à environ 1 kilomètre
Ruisseau Brooks à 60 mètres
Zone inondable à moins de 100 mètres
Au niveau de la sécurité, Aéroports de Montréal (ADM) a souligné à quelques reprises que ce terrain se trouvait dans la zone primaire de péril aviaire qui s’étend à 8 km alors que le centre de compostage serait à moins de 2 km. Si le contrôle des déchets n’était pas à la hauteur de ses attentes, il faudrait s’attendre à une intervention de la part de Transport Canada.
Du point de vue économique, l’achat pour 16,3 millions de dollars, plus une compensation pour les locataires, d’un terrain qui fût payé 11 millions en 2007 nous semble coûteux, surtout que le propriétaire contestera vraisemblablement l’offre en justice, espérant la bonifier. Soulignons ici que l’UPAC et l’EPIM se penchent sur les événements qui ont mené à cette transaction qui est jugée suspecte par certains.
Dans une perspective plus globale, nous remettons en question le principe du Plan directeur de gestion des matières résiduelles de l’agglomération de Montréal 2010-2014 qui prévoit l’implantation des infrastructures aux 4 points cardinaux de l’île. Ce concept décuple les coûts, multiplie les déplacements des produits du compostage et dérange une multitude de citoyens. Est-il vraiment équitable de traiter partout en périphérie des déchets principalement produits au centre d’une agglomération?
Suite à la remise en question récente du site de St-Michel, nous croyons que le temps est venu de réévaluer l’ensemble du projet. Nous sommes prêts à vous rencontrer pour en discuter.
Jean-François Girard
Président du Regroupement Saraguay-Cartierville