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Un projet résidentiel ne fait pas l'unanimité chez les élus

Lors du conseil d’arrondissement du 10 mars, le libellé du point 40.15 de l’ordre du jour demandait au secrétaire d’arrondissement de fixer une date pour une assemblée publique de consultation relative à l’étude de circulation à réaliser dans le cadre du Programme particulier d’urbanisme (PPU) pour le secteur Henri-Bourassa Ouest. La même consultation permettait aussi de débattre de l’autorisation – toujours en cours d’évaluation – d’immeubles résidentiels au 10000 rue Meilleur, sur le site de l’ancienne usine de la Crown, Cork and Seal. La question qui vient à l’esprit : pourquoi a-t-on lié l’autorisation de la construction d’immeubles à la consultation publique autour d’un plan de circulation?

L’interrogation devient d’autant plus pertinente, qu’en pleine séance du conseil d’arrondissement, Émilie Thuillier, conseillère de ville d’Ahuntsic, s’est déclarée en dissidence du coccus des élus.

Les deux situations géographiques sont différentes, mais de plus, sur le PPU comme sur le projet situé au 10000, rue Meilleur, on retrouve le même promoteur : Musto.

« On est en train de bâtir un PPU qui montre comment le développement doit se faire, indique Mme Thuillier. Nous sommes dans le même quartier. Le PPU Bourassa est à Ahuntsic Ouest, et le site de la Crown est à la marge d’Ahuntsic Ouest. »

Une première étape

« Ce qu’on vient de voter de façon majoritaire au dernier conseil d’arrondissement, c’est la première lecture du projet, soit une première étape d’une série de trois avant l’adoption finale, s’il y a lieu », précise Pierre Gagnier, maire de l’arrondissement.

Lorraine Pagé, conseillère du Sault-au-Recollet, s’est dit lors du même conseil satisfaite de la proposition du promoteur et admet que l’on peut aller en consultation publique avec ce qui a été présenté.

« Compte tenu des résultats de la première consultation, c’est, à mon sens, la moindre des choses que de retourner devant les citoyennes et les citoyens pour les informer du travail qui a été réalisé dans le dossier, dit Mme Pagé. Ils pourront ainsi prendre la mesure des modifications apportées par le promoteur, connaître les résultats de l’analyse d’impact sur la circulation et faire valoir leur point de vue en présentant leurs observations, leurs critiques et leurs suggestions. »

Divergences

Les changements qu’évoque Mme Pagé font suite à une première consultation publique décidée après les critiques et les résistances exprimées par les citoyens. Les modifications ont été apportées par le promoteur à la demande de la Direction du développement du territoire de l’arrondissement et suite aux recommandations du Comité consultatif d’urbanisme, une entité formée essentiellement d’Ahuntsicois bénévoles.

Elle est rejointe dans son propos par M. Gagnier. « Le promoteur a présenté un projet il y a déjà un certain moment et il a bien sûr droit à une réponse. Le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) a émis une recommandation favorable. Malgré tout, la majorité des élus veulent être certains que le flux de circulation automobile supplémentaire sera acceptable.

Émilie Thuillier pour sa part n’en démord pas. « Je considère que le projet tel qu’il est ne peut pas être présenté au conseil d’arrondissement, insiste-t-elle. Il doit être modifié. Ce projet arrive pour la première fois en Conseil, mais il y a eu déjà deux, voire trois préconsultations publiques. On ne peut pas dire qu’on ne sait pas ce que le gens en pensent, sauf peut-être des nouveaux élus qui ne sont pas informés. »

Quant à l’étude de la circulation commandée par l’arrondissement, elle viendra en plus de celle que le promoteur a produite. « Pour éviter tout problème de perception envers les résidents, nous avons engagé une firme indépendante pour effectuer une étude circulation qui s’inscrit dans le cadre du PPU Henri-Bourassa, souligne M. Gagnier. Cette étude va tenir compte du projet du 10000, rue Meilleur. Les données enregistrées nous permettront de prendre une décision éclairée. »

Les résultats de l’étude sont attendus ce printemps. La consultation publique sera alors tenue avant que le projet ne parvienne en seconde lecture au Conseil d’arrondissement. Des changements peuvent encore être demandés et le projet peut même être contesté et passer par la voie référendum.

Nous avons également demandé le point de vue du promoteur Musto à ce sujet. Au moment où nous mettons sous presse, nous n’avons pas encore reçu de réponses.

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