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Les étudiants du quartier ne décolèrent pas

Boisvert Philippe - TC Media
Les étudiants des collèges Ahuntsic et Bois-de-Boulogne n’ont pas été intimidés par l’adoption de la loi spéciale 78, alors qu’ils ont manifesté en grand ce mardi 22 mai, au centre-ville de Montréal.

Des dizaines de milliers d’étudiants de partout au Québec étaient attendus à la place des Festivals en après-midi afin de contester la hausse des droits de scolarité et dénoncer l’entrée en vigueur de la Loi 78, qui encadre le droit de manifester.

Dès 12h, le Courrier Ahuntsic s’est dirigé au métro Henri-Bourassa, lieu de rassemblement ou de transit de la plupart des étudiants du quartier.

La station de métro était bondée, tout comme les autobus s’y rendant. Les jeunes, arborant un carré rouge, ou tout simplement vêtus de rouge, ont pris d’assaut les wagons pour se diriger au centre-ville.

À l’occasion de cette 100e journée de contestation étudiante, la foule était nombreuse, très nombreuse. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a estimé à 100 000 le nombre de personnes qui ont pris part aux différentes manifestations. La Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a plutôt parlé de 250 000 contestataires. Le nombre exact se situe probablement entre les deux, soit aux alentours de 150 000 personnes.

Sur place, étudiants, enfants, parents, grands-parents, syndicats et professeurs ont marché pacifiquement jusqu’au parc Lafontaine, en passant par la place du Canada. Au moins une vitrine a été fracassée et l’une des manifestations a été jugée illégale par les policiers, car son itinéraire n’avait pas été divulgué. L’après-midi s’est toutefois déroulé sans anicroche.

Le mouvement ne s’essouffle pas

L’entrée en vigueur de la loi spéciale ne semble pas avoir ralenti les ardeurs des étudiants du Québec et du quartier.

«Le gouvernement nous méprise. En 100 jours, il n’a voulu négocié que quelques heures. Sa loi matraque ne règlera pas le conflit. Il faut discuter», nous a confié Alex, un étudiant du collège de Bois-de-Boulogne.

L’une de ses collègues qui n’a pas voulu divulgué son nom en a rajouté. «Ce n’est plus qu’une question d’accès à l’éducation, mais une question de respect de nos droits et libertés», s’est-elle outragée.

Notons que nous n’avons pas été en mesure d’obtenir le point de vue officiel des dirigeants de l’Association générale étudiante du collège Ahuntsic (AGÉCA) et de l’Association générale des étudiants de Bois-de-Boulogne (AGEBdeB), qui représentent quelque 10 000 étudiants. Ceux-ci n’ont pas retourné nos appels.

À l’Assemblée nationale, la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a indiqué que la porte était toujours ouverte afin de reprendre les discussions.

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