«On a volé les jambes de ma fille»
Malgré son handicap, Sarah-Catherine avait jusqu’à maintenant une vie que l’on aurait pu qualifier de normale. Elle va à l’école spécialisée Joseph-Charbonneau, et fait la navette entre les résidences de sa mère et de son père, qui habitent tous deux Ahuntsic.
Le 2 février, le train-train quotidien de Sarah-Catherine a toutefois été bousculé. Sa mère, Louise Desaulniers, a constaté que l’on avait volé sa mini-fourgonnette adaptée (Chevrolet Venture 2003 de couleur bleu marine) servant à tous les déplacements de sa fille.
«J’utilise les transports collectifs pour aller au travail alors je ne me sers pas tous les jours de l’auto. Le lundi 30 janvier, je l’ai donc garée comme à l’habitude sur notre petite rue de quartier paisible et sans histoire. Trois jours plus tard, j’avais besoin du véhicule, mais il n’était plus là», explique la dame.
En 2010, quelque 24 500 véhicules ont été dérobés au Québec. Une voiture est donc volée toutes les 20 minutes. Si ce fléau a ralenti depuis une dizaine d’années, force est d’admettre qu’il est loin d’être enrayé.
Deux semaines plus tard
Deux semaines se sont maintenant écoulées depuis le vol de la voiture, mais Louise Desaulniers est toujours sous le choc. «Ce n’est pas moi qui mettrai fin aux vols de véhicules. J’aimerais cependant que ceux qui ont volé la mienne comprennent tous les impacts que cela aura sur ma vie et celle de ma fille. On n’a pas simplement volé une voiture, on a aussi volé les jambes de ma fille», cingle-t-elle.
25 000 $
Vinq-cinq mille dollars, c’est l’argent que devra débourser Mme Desaulniers pour l’achat d’une nouvelle mini-fourgonnette. Heureusement, l’adaptation du véhicule, qui coûte aussi cher, est assumée par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).
«Il y a huit ans, la famille, les amis et les collègues de travail ont mis la main à la pâte pour amasser l’argent nécessaire à l’achat de la van. On avait même préparé un concert bénéfice qui avait été annoncé dans le journal. Depuis le vol, je ne peux plus sortir ma fille, je ne peux plus l’amener où bon me semble, ne serait-ce qu’à l’épicerie. La liste des complications est longue. Si l’auto n’est pas retrouvée, je ne serai pas en mesure d’en racheter une autre, car le montant que je devrai des assurances sera minime», déplore la mère monoparentale.