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Michel Rabagliati: un auteur bien de chez nous

Le créateur du célèbre personnage de bande dessinée Paul, Michel Rabagliati, vient tout juste d’offrir à ses lecteurs un nouvel album intitulé Paul au Parc.

Paru le 10 novembre dernier aux éditions de La Pastèque, le 7e album du bédéiste ahuntsicois nous replonge au cœur des années 70, alors que Paul était encore jeune adolescent.

«Paul au parc, c’est ma manière de raconter d’où je viens», explique l’auteur. «Ça se passe dans le quartier Rosemont, où j’ai vécu ma jeunesse, et j’y raconte l’histoire d’un jeune garçon curieux qui se cherche», résume-t-il.

Comme pour ses autres albums, M. Rabagliati dit s’être inspiré de ce qu’il connaît pour mettre en scène son personnage. Il fait dans l’autofiction, un genre qui lui a permis de trouver son chemin et de raconter les histoires qui lui tiennent à cœur.

«Il faut absolument que les choses que je raconte me tiennent à cœur», confie l’auteur. «Sinon, je ne vois pas l’intérêt de faire de la BD.»

Vivre de la BD

Michel Rabagliati est l’un des rares Québécois qui arrive à vivre de la bande dessinée et qui connaît un aussi gros succès au Québec. La majorité des bédéistes et illustrateurs d’ici font souvent directement affaire avec l’Europe et sont donc méconnus en Amérique du Nord. «Pour moi, c’est important d’être au Québec», explique l’auteur. «Ce que je produis est tellement local, ça parle de chez nous. Je ne pourrais pas être publié seulement en Europe.»

Selon lui, son succès a donné un bon coup de pouce au monde de la BD québécoise. Cet art abandonné, en manque de diffuseur et de lecteur, était sur le point de mourir pour de bon quand Paul est finalement né, à la fin des années 1990. Depuis, les «histoires à cases» deviennent de plus en plus populaires au Québec. «Je suis conscient que j’incite les jeunes à faire de la BD. Je représente en quelque sorte une image de réussite et cela fait rouler le marché de la bande dessinée québécoise. J’en suis très fier», dit-il.

Quoiqu’il en soit, M. Rabagliati dit avoir été victime de son succès. Celui qui a commencé par concocter des bandes dessinées pour les offrir en cadeau aux membres de sa famille est lui-même très surpris du succès de ses albums. «Je peux maintenant parler de Paulomanie!» raconte-il. «Tout cela, c’est un hasard. C’est vraiment une série d’évènements, de rencontres et d’encouragements qui m’a menée où je suis.»

Selon lui, c’est d’abord le côté sérieux et touchant de la série Paul qui a poussé les adultes – et surtout les femmes! – à vouloir lire ses aventures et en rester de fidèles lecteurs.

À venir

Et pour le prochain Paul? «J’attends que le sujet vienne à moi pour commencer le 8e album», explique l’auteur, qui dit pouvoir écrire près de 100 pages par année. Il prend toujours le temps de laisser retomber la poussière après la sortie d’un volume avant de reprendre la plume et la création.

«L’important pour moi c’est d’avoir une idée à laquelle je crois et qui me donne de l’énergie. C’est très demandant de faire de la bande dessinée. C’est un long processus, qui dans mon cas, prend presque deux ans par livre. Puis au bout du compte, mes BD peuvent se lire en une heure ou deux!» s’exaspère-t-il en riant.

Chose certaine, M. Rabagliati veut toucher ses lecteurs. Pour lui, la BD n’a rien a envié au roman, même qu’elle a tout ce qu’il faut pour faire réfléchir et émouvoir le public. Mais, pour cela, il faut d’abord qu’une idée intéressante germe dans l’esprit de l’artiste.

L’auteur de Paul au Parc se rendra en France pour le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, en janvier prochain, où il espère mettre la main sur un deuxième prix consécutif. En 2010, il y avait remporté le prix du public pour sa sixième publication intitulée Paul à Québec, une consécration dans le monde de la bande dessinée.

Cet album fera aussi l’objet d’un film qui devrait paraître l’an prochain sur grand écran. «On ne sait toujours pas qui incarnera Paul, mais j’ai déjà reçu plusieurs appels d’acteurs intéressés!» a conclu le bédéiste.

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