Le Sault-au-Récollet, cœur du patrimoine historique ahuntsicois
« Lors de son second voyage en 1535, Jacques-Cartier serait passé par la rivière des Prairies », informe Vincent Garneau, coordonnateur au développement historique chez Cité Historia, qui a pour mandat de diffuser et de promouvoir les connaissances historiques en se consacrant à mettre en valeur l’histoire du Sault-au-Récollet. « Si je parle au conditionnel, c’est qu’il s’agit d’une des interprétations des écrits de l’explorateur. » S’il avait effectivement pris ce passage par « rivière derrière l’île » ou Skawanoti, comme l’appelaient les premières nations, Jacques Cartier se serait arrêté au bas du premier Sault (du premier rapide), à la hauteur de ce qu’est aujourd’hui le boulevard Saint-Michel.
Le nom « rivière des Prairies » sera donné par un autre grand explorateur, Samuel de Champlain, en l’honneur d’un compagnon d’armes, François des Prairies ayant navigué sur le cours d’eau par erreur!
Le Sault-au-Récollet et l’histoire d’un certain Ahuntsic
Le nom Sault-au-Récollet vient quant à lui de la noyade en 1625 du Père Nicolas Viel et de son protégé, le jeune Ahuntsic, dans le rapide de la rivière des Prairies. Le Père Viel était un récollet qui accompagnait les explorateurs pour évangéliser les Amérindiens, tandis qu’Ahuntsic, laissé dans un village autochtone, avait pour tâche d’apprendre la langue locale afin de faciliter les échanges entre natifs et Européens. Ahuntsic est le nom que les Amérindiens lui ont donné, surnom signifiant « petit, vif et frétillant », raconte M. Garneau. Et contrairement à ce que raconte, le « mythe entourant ce jeune truchement, comme on les appelait à l’époque, Ahuntsic était français et non un Amérindien converti par le Père Viel. » Cette histoire est même sous-entendue par la statue du jeune homme édifiée devant l’Église de la Visitation qui n’est pas sans rappeler le mythe du bon sauvage.
Toutefois, ce n’est que près de 75 ans plus tard que des établissements se sont véritablement installés dans le nord de l’Île. « En 1696, la mission du Fort-Lorette s’établit au Sault-au-Récollet à la suite du déménagement du Fort de la Montagne par les Sulpiciens. Suivront deux autres vagues d’établissement au Sault-au-Récollet, zone qui sera la première à être défrichée de manière systématique dans le secteur », indique M. Garneau.
En 1724, avec la construction de la digue sur la rivière, suivie en 1726 du moulin à scie et l’année suivante du moulin à farine, les activités du Sault se diversifient. Si bien que la paroisse de la Visitation de la Bienheureuse Vierge-Marie est ouverte en 1736.
Le site des moulins, une fois vendu à Pascal Persillier-Lachapelle fils, qui en prend possession en 1837, ne cessera de dynamiser l’économie et les activités du Sault, pourtant considéré comme un lieu de villégiature jusqu’à la période industrielle.
Pour en savoir plus sur le patrimoine historique du Sault-au-Récollet, rendez-vous au Musée d’histoire du Sault-au-Récollet à la maison du Pressoir opéré par Cité Historia.