Harout Chitilian quitte Union Montréal
Le conseiller du district de Bordeaux-Cartierville affirme qu’il a voulu faire coïncider son annonce avec les 18 mois de son élection à titre de président du conseil municipal, le 20 juin 2011.
Plusieurs considérations l’ont mené à cette décision. M. Chitilian indique que les événements qui ont secoué l’actualité montréalaise de la dernière année n’ont pas été sans incidence sur le climat à l’hôtel de Ville. «Les manifestations contre la hausse des frais de scolarité, le mouvement Occupons Montréal, la fermeture d’entreprises comme Shell et Aveos, et les révélations accablantes à la Commission Charbonneau, qu’on ne peut passer sous silence, m’ont secoués», a indiqué au Courrier l’élu, quelques heures après son point de presse.
En démissionnant, Harout Chitilian veut éliminer toute perception de non-neutralité.
Le président du conseil doit siéger en dehors de toute considération partisane et doit veiller au respect des pratiques démocratiques au sein de l’hôtel de ville.
«Malgré la bannière d’Union Montréal, j’ai toujours cherché à présider le conseil en faisant respecter l’intégrité, la transparence et le décorum, a-t-il fait savoir. J’ai décidé de siéger comme indépendant pour que la perception de ma fonction accompagne la réalité.»
Harout Chitilian n’a pu commenter la dynamique interne à Union Montréal, parti de l’ancien maire Gérald Tremblay, puisqu’il ne siège plus au caucus de la formation depuis sa nomination à titre de président du conseil. Toutefois, il a souligné que le parti avait encore une présence dans plusieurs arrondissements de la métropole et qu’il représente une force légitime à l’hôtel de ville.
Une fin de session mouvementée
La fin de session du conseil a été mouvementée: Vision Montréal menace notamment de porter plainte contre Projet Montréal et son chef Richard Bergeron pour «insultes grossières». Appelé à commenter, le président ne s’emporte pas. «Nous terminons une année difficile et ce type d’accroc arrive lorsque les gens se sentent fatigués ou frustrés», analyse M. Chitilian.
«Ce sera mon rôle à la reprise des travaux d’encadrer les discussions en faisant respecter un environnement propice. J’ai le rôle d’être la mémoire institutionnelle du conseil et de ramener à l’ordre les débats dans l’intérêt des Montréalais», ajoute-t-il.
Après l’élection de Michael Applebaum à titre de maire intérimaire, les élus ont enterré la hache de guerre durant quelques semaines, mettant de côté la politique partisane. «Ce climat devra être retrouvé en 2013, afin de faire avancer les dossiers au comité exécutif», conclut-il.
Harout Chitilian est le 26e élu à quitter Union Montréal. Avec sa défection et celle, le même jour, d’Anie Samson de Vision Montréal, plus d’indépendants siègent au conseil que d’élus du parti majoritaire.