Célébrer la diversité pour combattre les préjugés
Pour la semaine d’action contre le racisme, le Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI) a organisé une fête.
Les animateurs du CACI se sont demandé comment célébrer, dans un quartier aussi multiculturel que Bordeaux-Cartierville, la diversité. «On souligne le racisme souvent avec des choses négatives, la discrimination, l’emploi, etc. Nous avons voulu montrer une autre facette de la diversité», explique Anait Aleksanian, directrice générale du CACI. Ainsi au centre Y de Cartierville, il y’en a eu de toutes les couleurs et de toutes les sonorités en cette soirée du 20 mars.
«Quand on partage la musique, on partage une richesse», indique-t-elle. «On veut dire, nous ne sommes pas venus ici pour chercher la charité, pour qu’on nous aide. Nous sommes là aussi pour apporter des choses à partager avec les Québécois», hurle-t-elle sous les sons d’une salsa endiablée.
«J’aurais voulu avoir plus d’invités», regrette-t-elle. Mais elle admet : «C’est une première, il y a encore beaucoup de travail à faire.»
Diversité contre différence
Le programme est éclectique et inattendu. «Jamais je n’aurais cru rassembler un jour autant de couleurs et d’origines sur une seule photo», se félicite Lynda Mohammedi, photographe en Algérie, qui a atterri à Montréal il y a quelques mois.
«Cela fait dix ans que je fais du flamenco», dit Yelitza Garcia, arrivée au Québec il y a 4 ans de son Vénézuéla natal. «Quand j’ai quitté mon pays, je ne savais pas si je pouvais gagner ma vie en dansant. Les Québécois apprécient beaucoup la culture et les danses latines. Pour moi, c’est comme un rêve qui se réalise», se réjouit-elle.
El Pachouco est originaire du Salvador. Il est né à Los Angeles. Il accompagne Yelitza avec sa guitare. «La musique aide à unir et à créer des liens. Le flamenco c’est le même principe. Il est né de l’influence de plusieurs cultures», explique celui qui est au Québec depuis l’âge de 7 ans.
«J’ai présenté les instruments arméniens et le saxophone. J’ai parlé la langue que tout le monde comprend», souligne Arthur Markesian, professeur de musique en Arménie, nouvel arrivant depuis 10 mois.
Douglas Dantas, à Montréal depuis 4 ans, est un artiste venu du Brésil. «J’ai présenté des pièces traditionnelles du Brésil. Des rythmes et des sons que tout le monde connaît», indique-t-il.
Les invités ont pu apprécier, le temps d’une soirée, un Bordeaux-Cartierville riche de ses acquis.