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Les professeurs rejettent le redécoupage des commissions scolaires

Photo: Archives TC Media

Après les commissaires scolaires et les parents, c’est au tour des syndicats de l’enseignement francophone de Montréal de s’opposer au redécoupage des territoires des commissions scolaires par le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc.

En conférence de presse, le 7 janvier, les présidences de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, du Syndicat de l’enseignement de l’ouest de Montréal et du Syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’Île ont solidairement rejeté tous les scénarios de réaménagement de territoires des commissions scolaires de la métropole proposés par le ministre Bolduc.

Dans le dernier scénario proposé, la circonscription d’Ahuntsic-Est – Saint-Michel-Nord déménagerait de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI). La circonscription d’Ahuntsic-Ouest – Cartierville serait transférée à la Commission scolaire Margerite-Bourgeois (CSMB).

«Rien, rien, rien ne justifie un tel chambardement. Outre les trois cartes territoriales, le ministre n’a pas encore expliqué le moindre détail de son projet surréaliste. Personne n’a encore réussi à trouver le moindre avantage à déplacer les frontières ni du point de vue économique ni du point de vue de l’amélioration des services aux élèves», affirme Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal.

Le président du Syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’Île, Luc Ferland, estime que le gouvernement libéral ne fait que répéter les erreurs faites, lors de la fusion de 1998.

«Plus ça change, plus c’est pareil! Les gouvernements se suivent et n’apprennent pas! On nous promettait 100 M$ d’économie avec le projet de fusions des commissions scolaires et de redécoupage du territoire de la CSDM, en 1998. C’est plutôt une dépense de 70 M$ qu’a généré ce chambardement. L’actuel gouvernement veut aller de l’avant avec un projet semblable 15 ans plus tard, à nouveau avec une mesure d’exception pour la CSDM, mais sans avouer les millions de dollars qui seront gaspillés dans cette opération», indique M. Ferland, qui a vécu le transfert des quartiers de Montréal-Nord et de Rivière-des-Prairies de la CSDM à la CSPI, en 1998.

«Combien coûteront les réaménagements des centres administratifs? On peut agrandir à grands frais le siège social de la CSPI pour accueillir le personnel administratif de la CSDM transféré à la CSPI, mais que fera-t-on avec les bureaux vides de la CSDM? Démolir un étage de l’édifice? Imaginez ce que ça coûtera de transférer des dizaines d’écoles et de centres. Ce projet ne résiste pas à l’analyse, il faut le stopper avant qu’il soit trop tard», ajoute-t-il.

Selon les trois présidents, le redécoupage n’atteindrait aucunement les objectifs du ministre Bolduc, soit de réduire le nombre de commissions scolaires à 46, d’améliorer la gouvernance des commissions scolaires et de générer des économies pour offrir de meilleurs services aux élèves.

«Le redécoupage ne réduit pas ni n’augmente le nombre de commissions scolaires sans compter qu’il ne rendra que plus complexe la gouvernance et n’améliorera pas les services aux élèves. Il est donc inutile et nuisible à l’atteinte de l’objectif d’améliorer l’école publique montréalaise», déclarent les présidents.

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