Soutenez

Mise à jour des études sur la santé respiratoire dans l’Est: la DRSP au travail, malgré l’absence de mandat formel

Visée par un rapport fort médiatisé concernant ses émanations d’arsenic dans l’air de Montréal-Est, l’usine CCR s’est équipée en novembre dernier d’un dépoussiéreur deux fois plus puissant que l’ancien. Photo: Amélie Gamache/Métro Média

Bien qu’aucune demande formelle ne lui ait été transmise pour le moment, la Direction régionale de la santé publique de Montréal (DRSPM) est déjà à l’œuvre pour mettre à jour les données sur la santé respiratoire dans l’est de Montréal.

Une motion, adoptée à l’unanimité lors du conseil de Ville du 26 mars dernier, prévoyait pourtant que la « la Ville demande à la Direction de la santé publique » de procéder en ce sens. L’initiative répondait à la mobilisation citoyenne et politique qui a suivi les révélations sur la concentration d’arsenic dépassant les normes aux alentours de l’usine CCR de Montréal-Est, l’automne dernier.

« Nous n’attendons pas la lettre, et avons commencé à travailler en conséquence, affirme le Dr David Kaiser, médecin spécialiste à la DRSPM. En ce moment, on est à l’étape du cadrage, on analyse quelle est la meilleure façon de répondre à cette demande, en fonction de ce qu’on connaît, ou pas. »

L’organisme procède ainsi à l’inventaire des études déjà effectuées, et désire à court terme les rendre plus accessibles aux citoyens. Une proposition des nouvelles recherches à effectuer, ou déjà existantes mais méritant d’être davantage analysées, ainsi que des échéanciers plus précis, devraient être soumis vers la mi-juillet.

Le champ d’études est toutefois large, et comprendra l’analyse de plusieurs facteurs, qui incluent notamment l’accès au transport collectif, la canopée existante et le niveau de bruit. Le Dr Kaiser estime les travaux devraient s’étendre sur 18 mois.

La Ville assure prévoir envoyer sous peu la lettre officielle mandatant la DRSP, avec qui sera conjointement établi l’échéancier.

Plusieurs facteurs en cause
Lors d’une rencontre récente avec plusieurs élus et acteurs de l’Est de Montréal, le président-directeur général du Centre intégré universitaire de santé et service sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’île-de-Montréal, Sylvain Lemieux, a présenté un tableau-résumé des différentes études effectuées au cours des 20 dernières années.

« On voit que la qualité de l’air s’améliore d’année en année, tant au niveau des particules fines que pour les polluants liés au transport, affirme le Dr Kaiser. Mais même au niveau actuel, on sait qu’il y a des impacts sur la santé. »

Parmi les facteurs ayant le plus d’impacts sur l’asthme et les infections respiratoires, on compte notamment le niveau socioéconomique, les antécédents d’allergie des parents, l’exposition à la fumée de tabac, la pollution venant des véhicules, et le niveau d’activité physique.

« Les enfants des territoires de Pointe-aux-Trembles–Montréal-Est et de Mercier-Est–Anjou sont généralement plus touchés par ces facteurs », souligne Nathalie Rochon, coordonnatrice de santé publique à la Direction du programme jeunesse et des activités de santé publique au CIUSS de l’Est.

La population du territoire de CIUSS de l’Est est en effet moins active et présente entre autres un taux de tabagisme et une proportion de personnes obèses plus élevés que sur le reste de l’île de Montréal. Les maladies chroniques, telles l’hypertension et le diabète, y sont plus présentes.

Les études démontrent également que l’exposition journalière aux émissions du secteur industriel de l’est de Montréal est « faiblement associée » aux consultations et hospitalisations d’enfants pour diagnostic respiratoire. Il faut donc faire attention de ne pas surestimer l’impact des industries, et de ne pas sous-estimer l’impact des autres facteurs associés à la qualité d’air, ajoute Mme Rochon.

« On sait que les raffineries produisent certains polluants, comme le dioxyde souffre, et on sait que les stations de surveillances dans l’Est enregistrent des niveaux plus élevés, admet le Dr Kaiser. Mais on arrive avec conclusions plutôt mitigées, par exemple pour l’asthme chez les enfants, il semble avoir un impact, mais pas dans une proportion importante. »

Bien que certaines études soient toujours valides, plusieurs sont à refaire, et des données sont manquantes pour « bien comprendre quels éléments ont le plus d’impacts. » Pour un portrait plus juste de la situation, la DRSPM aura besoin de temps, plaide le Dr Kaiser.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.