Culture

Une rentrée à saveur de révolte au Théâtre Denise-Pelletier

Une rentrée à saveur de révolte au Théâtre Denise-Pelletier
Photo: GracieusetéLes comédiens et créateurs de la cuvée 2019-2020 promettent une programmation empreinte de révolte au Théâtre Denise-Pelletier.

À l’occasion de la rentrée, les étudiants pourront découvrir la littérature d’ici et d’ailleurs dans leurs manuels scolaires, mais aussi en salle, puisqu’une programmation bien garnie les attend au Théâtre Denise-Pelletier.

Pour la saison 2019-2020, la direction s’est efforcée de trouver des œuvres actuelles et rebelles.

« À force de fouiller, de chercher autour de soi, on arrête nos choix sur une variété de points, dont leur pertinence dans le temps présent. C’est par la suite qu’on se rend compte que certains thèmes reviennent, comme celui de la révolte. C’est un sujet qui imprègne notre inconscient collectif en ce moment », souligne Claude Poissant, directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier.

Jusqu’en 2020 c’est la rébellion qui propulsera le voyage dans le passé, le présent et le futur qui se produira sur les planches de l’institution du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Le périple commencera avec Le Meilleur des mondes, d’après l’œuvre d’Aldous Huxley (Brave New World), adaptée par Guillaume Corbeil et mise en scène par Frédéric Blanchette. La pièce présentée du 25 septembre au 19 octobre 2019, dévoilera un univers dystopique, dans lequel on peut entrevoir un avenir où la société est contrôlée par les plaisirs faciles et rapides.

« Depuis qu’on a adapté 1984 d’Orwell il y a trois ans, une portion de plus en plus grande de l’auditoire s’intéresse à la science-fiction. Cette pièce est une réflexion sur un royaume du bonheur, qui est complètement corrompu », souligne M. Poissant.

Puis, fera un retour en arrière avec les Amoureux, du créateur de la comédie italienne moderne, Carlo Goldoni, mis en scène par Catherine Vidal, et en salle du 6 novembre au 4 décembre 2019.

« Ce qui a attiré mon intérêt chez cette œuvre, c’est le personnage principal, ce bourgeois moliéresque, grossier et manipulateur. On y aborde les amours naissants, des conflits et de la jalousie. Tout cela dans le décor le plus rose bonbon du monde », affirme le directeur artistique.

À l’affiche du 5 au 29 février 2020, la création d’Olivier Choinière, Zoé, nous ramène à des événements plus récents, alors qu’on y parle de la grève étudiante générale de 2012. Inspirée de faits réels, l’œuvre relate l’histoire d’une élève qui obtient une injonction pour forcer son professeur de philosophie à lui donner son cours.

« C’est la rencontre de deux générations complètement différentes qui débattront de questions fondamentales. Avec seulement deux acteurs sur scène, il y a quelque chose d’inconfortable dans la proposition d’Olivier et c’est intéressant », indique M. Poissant.

À la Salle Fred-Barry, on retrouvera du 24 septembre au 12 octobre 2019 L’État, de Normand Canac-Marquis, mis en scène par Martine Beaulne. À la veille des élections, le ministre de la Sécurité publique exerce des pressions sur l’éditorialiste Solange Speilmann au journal L’État, dans l’espoir de faire mentir les sondages défavorables au gouvernement en place.

« On y soulève des questions d’actualité, incluant celle des communications face au pouvoir. C’est d’autant plus au goût du jour avec les événements récents, la disparition de la presse écrite et les élections fédérales qui s’en viennent », conçoit le directeur artistique.

Puis c’est à la rencontre de Réjean Durcharme qu’iront les spectateurs lors de la présentation d’Autour du Lactume du 29 octobre au 9 novembre. Ce collage de textes de Ducharme, Corneille, De Lautréamont, Nelligan et Rimbaud, mis en scène par Martin Faucher, propose un véritable tour de force : la comédienne Markita Boies fera pendant une heure la lecture seule sur scène de ces œuvres, accompagnée de dessins réalisés par l’auteur québécois à l’époque de la Révolution tranquille.

Enfin, du 19 novembre au 7 décembre 2019, Le poids des fourmis, écrit par David Paquet et mis en scène par Philippe Cyr nous transportera au sein d’une campagne électorale étudiante loufoque où deux candidats s’affronteront dans une « réflexion sur le monde ambiant ». « On reste dans un univers réaliste, mais dans lequel on n’hésite pas à utiliser un aspect absurdiste pour faire passer le message », dit M. Poissant.