Hochelaga-Maisonneuve
14:59 31 mai 2021 | mise à jour le: 31 mai 2021 à 15:47 temps de lecture: 4 minutes

Autonomie alimentaire: une nouvelle ferme urbaine dans MHM

Autonomie alimentaire: une nouvelle ferme urbaine dans MHM
Photo: Jason Paré/Métro MédiaBenoist De Peyrelongue, directeur général de La CCHM devant Le 5600.

Depuis quatre ans, la cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve (La CCHM) fait de l’agriculture urbaine. Ce printemps, l’organisme a implanté une troisième ferme agricole dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, ce qui permettra de multiplier par six sa production.

Au cours des dernières années, des potagers et des ruches ont été implantés sur le toit de l’organisme, ainsi que sur le terrain des bureaux de la CSN situés sur l’avenue de Lorimier. Pour augmenter sa production, La CCHM a récemment ajouté plusieurs jardinières autour du complexe immobilier d’espaces locatifs commerciaux, industriels et à bureaux Le 5600, situé sur la rue Hochelaga dans l’Est de Montréal.

L’objectif pour cet organisme d’insertion socioprofessionnelle est l’autonomie alimentaire. Son directeur général, Benoist De Peyrelongue souhaite également que La CCHM devienne un modèle pour l’agriculture urbaine.

«Dans un contexte où la spéculation sur les aliments de première nécessité devient quelque chose d’illogique, il faut trouver des avenues pour s’approvisionner.»

Il donne l’exemple du céleri dont le prix a augmenté il y a quelques années de manière «catastrophique». Afin que les plus vulnérables aient accès à une alimentation saine, l’organisme mise donc sur une autosuffisance en production.

«Aujourd’hui, on est dans 20 organismes et dans 11 HLM. Ça, c’est une opportunité qu’on n’avait pas vu avant la COVID-19. On tablait qu’on allait avoir un réseau de distribution, mais il s’est créé avec la COVID-19 quand la cuisine s’est virée de bord.»

Ne pouvant plus faire de la cuisine collective au sein de leurs locaux à cause de la pandémie, un service de livraison a alors débuté.

«À ce jour, on a un peu plus de 200 000 repas et 18 à 19 tonnes de paniers de première nécessité qui ont été livrés.»

Des tonnes de légumes

Les potagers sur le toit de l’organisme, une ancienne caisse populaire, produisent autour de 800 à 900 kilos par année de légumes, une récolte qui a augmenté de 20% avec l’instauration de deux ruches d’abeilles. Avec les nouveaux espaces au 5600, la production prévue s’élèverait à neuf tonnes, selon M. De Peyrelongue.

«Et, une fois les serres installées, on passera probablement aux alentours de 25 à 30 tonnes à la première année. Et avec la deuxième phase d’essai, on devrait aller vers le 40 à 55 tonnes de légumes.»

En plus des serres, le DG de ce groupe communautaire prévoit planter des arbres fruitiers afin de diversifier la production. Entre 60 et 70 catégories de produits différents seront cultivées sur l’ensemble des sites, précise-t-il.

«L’arrivée du gros site au 5600 a permis de repenser nos affaires. Au lieu de se faire aider par des expertises externes, on a recruté notre équipe horticole avec des professionnels.»

Trois horticultrices ont été engagées ce printemps et d’autres embauches sont à prévoir. Ce nouveau site permet également une planification de production plus cohérente, afin d’approvisionner les organismes partenaires de la cuisine collective.

Deux ans ont été nécessaires afin de s’entendre avec le groupe qui gère Le 5600, valider le projet avec la Ville et trouver le financement.

Réinsertion socioprofessionnelle

Actuellement, pour les cuisines, il y a entre 42 à 50 personnes en réinsertion socioprofessionnelle. À partir de 2022, M. De Peyrelongue prévoit avoir entre six à dix personnes en réinsertion travaillant spécifiquement sur les fermes agricoles.

«L’environnement de l’agriculture est un cadre qui est très facile au niveau de la routine. Donc pour l’apprentissage et l’intégration au marché du travail, on va utiliser la ferme pour volet de réinsertion en santé mentale.»

La volonté de ce groupe populaire est donc de contribuer au droit à une saine alimentation pour tous. Presque le tiers des récoltes sera remis aux plus précaires via des organismes du milieu, directement aux membres de La CCHM ou dans son magasin solidaire dont les portes ouvriront vers la mi-juin.

Les produits de la ferme agricole et de la cuisine collective sont également disponibles pour tous sur son épicerie en ligne lacchm.com et au Marché Solidaire HM accessibles tous les jeudis et vendredis, de 10h à 16h, sur la rue Adam au coin de Joliette.

Ces achats, selon l’organisme, contribuent à une meilleure autonomie de ses membres et favorisent l’émergence d’un système collectif d’approvisionnement auprès des plus vulnérables.

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