Hochelaga-Maisonneuve
14:44 11 mars 2015 | mise à jour le: 11 mars 2015 à 15:56 temps de lecture: 4 minutes

Piquerie transformée en logements sociaux

Piquerie transformée en logements sociaux
Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Le 3911, rue Sainte-Catherine, longtemps connu pour ses activités criminelles change complètement de visage. Dès septembre 2015, l’immeuble qui a été décontaminé, rénové et réaménagé accueillera des jeunes qui souhaitent reprendre le contrôle de leur vie.

L’Avenue hébergement communautaire, un organisme dont la mission est de favoriser l’insertion sociale et économique des jeunes, s’est fait l’acquéreur du 3911 et y ouvrira 26 logements abordables et permanents, au cours de l’année.

«Ces logements sont dédiés à des jeunes qui ont besoin d’un lieu permanent et autonome afin de consolider leur parcours. C’est un projet important qui nous permettra d’aider beaucoup de jeunes», affirme François Villemure, directeur général de l’Avenue.

Une forte demande
Pour chaque logement disponible, l’organisme reçoit 10 demandes. C’est le cas de Vincent Philibert Beaudry, qui espère être sélectionné et pouvoir se loger au nouveau 3911.

Vincent Philibert-Beaudry, actuellement sur le chantier du 3911, espère être un des futurs locataires du projet.
Vincent Philibert-Beaudry, actuellement sur le chantier du 3911, espère être l’un des futurs locataires du projet.

 

L’homme de 24 ans a connu des déboires avec l’alcool et la drogue dans sa jeunesse. «Je n’aimais pas où je m’en allais. J’avais besoin de faire un grand ménage dans ma vie, mais je n’étais pas assez adulte pour voler de mes propres ailes. C’est là que l’Avenue m’a aidé», souligne l’Hochelagais.

Désormais, le représentant jeunesse du conseil d’administration de l’organisme souhaite passer à la prochaine étape de son processus: obtenir son logement.

«J’ai hâte. La collocation, ce n’est pas mon fort. Ça ne me dérange aucunement de vivre au 3911, mais je dois avouer que ma seule crainte est le regard des gens. J’espère que si je me fais livrer de la nourriture, le livreur ne va pas s’arrêter au passé de la bâtisse et viendra me porter ma commande quand même», soulève celui souhaite poursuivre ses études au cégep Marie-Victorin.

Réputation
Pendant de nombreuses années, le 3911, rue Sainte-Catherine, était reconnu dans le quartier pour être l’endroit où les prostitués, les consommateurs et vendeurs de drogue se donnaient rendez-vous.

«C’était la crackhouse la plus connue des gens de Hochelaga-Maisonneuve. Son adresse était devenue son nom. C’était le pire portrait de la pauvreté et de la prostitution de notre quartier, ainsi que le lieu le plus désespérant du territoire», se souvient la députée de Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier.

Malgré de nombreuses interventions policières, les activités criminelles ne s’arrêtaient pas. C’est à la suite d’un incendie que la situation a pris une nouvelle tournure. L’Avenue a commencé les travaux en décembre 2014 pour créer le nouveau 3911. «Nous aimons les défis», lance M. Villemure.

Depuis l’arrêt des activités criminelles, le visage du secteur s’est transformé. «Nous avons constaté une augmentation du sentiment de sécurité de la population et les Promenades Hochelaga-Maisonneuve ont aussi vu une recrudescence du développement d’affaires avec la création d’une cinquantaine d’emplois dans ce quartier», souligne M. Villemure.

Campagne de financement
Une campagne de financement a été lancée, lors du dévoilement du projet de logements sociaux, le 11 mars. L’organisme souhaite amasser 391 100$ d’ici 2017 pour défrayer les coûts rattachés aux activités, aux ressources humaines et à l’ameublement des appartements.

«Actuellement, notre financement est composé à 95% de subventions gouvernementales. Nous devons être de plus en plus autonomes afin de poursuivre nos activités. C’est pourquoi nous avons mis en place une fondation qui s’occupera d’amasser de l’argent et ainsi financer nos projets», explique Gérard Chagnon, président du conseil d’administration de l’Avenue.

«Ce projet est une belle nouvelle pour le quartier. Nous en avons besoin. C’est une campagne de financement innovante et j’espère que les communautés d’affaires de la province y participeront», ajoute la députée, Carole Poirier.

Pour de l’information sur le projet ou pour effectuer un don, on visite le site http://www.lavenuehc.org.

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