IDS-Verdun
06:00 8 mars 2020 | mise à jour le: 3 mars 2020 à 23:05 Temps de lecture: 3 minutes

Pour la Journée des femmes, rencontre avec une préposée engagée

Pour la Journée des femmes, rencontre avec une préposée engagée
Photo: IDS/Verdun-Hebdo - Katrine DesautelsSylvie Lesieur, préposée aux bénéficiaires au centre Louis-Riel.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, IDS/Verdun Hebdo a rencontré la Verdunoise Sylvie Lesieur, très engagée comme préposée dans la région. Après avoir travaillé 25 ans comme coiffeuse et possédé son propre salon, elle a changé de cap pour se dévouer envers les aînés. 

C’est lorsque sa mère est entrée en centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) que Mme Lesieur a côtoyé des préposés aux bénéficiaires. «Avant je voyais des infirmières, mais je ne savais pas qu’il y avait des préposés. Quand je les ai vu travailler, je me suis dit que c’est ce que je voulais faire», se rappelle celle qui travaille depuis 13 ans au centre Louis-Riel, dans Pointe-Saint-Charles.

Elle croit que c’est probablement la façon dont les proposés agissaient avec sa mère qui l’a attirée dans ce domaine. «Je traite mes résidents comme si c’était mes parents. La journée que je n’aurai plus cet amour, je vais rester chez moi», indique-t-elle.

«Ma journée est toujours faite de beaux petits moments positifs» – Sylvie Lesieur

Sur son temps personnel, Mme Lesieur fait parfois des courses pour les résidents qui n’ont pas de famille. «On développe une relation avec eux. S’ils n’ont plus de savon par exemple, on sait qu’ils payeront deux fois plus cher la bouteille au dépanneur. Alors on fait une liste avec eux», explique la Verdunoise.

De plus, elle fait de la couture pour eux. «Il existe des vêtements adaptés pour les personnes [à mobilité réduite], mais ça coûte très cher. Il faut un chandail ouvert dans le dos qui facilite l’habillage», illustre la femme de 57 ans.

Moment marquant

Un moment particulièrement marquant pour Mme Lesieur fut lors qu’un résident a recommencé à marcher. « On a tellement travaillé fort avec lui lors de nos cliniques de marche qu’il est parti en résidence intermédiaire, se rappelle-t-elle. C’est rare qu’ils viennent [au centre] pour s’en aller ailleurs, alors ça a été vraiment un beau moment.»

Sylvie Lesieur accompagne aussi les résidents en fin de vie. «C’est sûr que c’est difficile… Il y a des résidents auxquels on s’attache plus que d’autres», raconte-t-elle.

L’un des défis de la profession est de ne pas trop se lier émotionnellement, fait savoir la préposée. Elle est consciente que tous ne sont pas capables d’accompagner des personnes mourantes.

D’autre part, même si elle peut se faire blesser par la clientèle qui a un comportement plus difficile, Mme Lesieur oublie les coups dès qu’elle réussit à cheminer avec les résidents. «Ça peut prendre parfois des mois avant qu’ils acceptent que je fasse un soin. C’est ma paye à partir du moment où je réussis cela», raconte-t-elle. 

Sylvie Lesieur s’engage beaucoup dans sa communauté en donnant des formations sur les principes de déplacement sécuritaire des bénéficiaires (PDSB). Elle offre aussi plusieurs ateliers dans d’autres centres du Sud-Ouest et aux nouveaux employés du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal sur l’alimentation, l’hygiène buccale, les techniques d’isolation et autres thèmes semblables.

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