Le ministre Lisée voit grand pour Montréal
Le ministre Jean-François Lisée ne semble partager les inquiétudes de plusieurs observateurs sur le développement de la métropole du Québec. Devant les participants à l’agora organisée par le PMAD (Plan métropolitain d’aménagement et de développement) au Palais des congrès, il a dressé un portrait résolument positif de l’avenir de la région de Montréal.
Cette allocution marquait la clôture de l’événement qui avait lieu les 28 février et 1er mars, au Palais des Congrès de Montréal et le ministre n’a pas craint d’aborder de front les thèmes des thèmes qui marquent l’actualité. Loin de s’inquiéter devant l’impact négatif des «nuages noirs» que les scandales montréalais alimentent, il en conclut qu’ils contribueront à faire la démonstration que les citoyens n’ont pas hésité à prendre les moyens pour «crever l’abcès». Il a soutenu que Montréal est en voie d’acquérir l’image d’une agglomération qui sait comment combattre et enrayer les fléaux universels que sont la corruption et la collusion. Il a cité en exemple les escouades permanentes et les nouvelles règles d’éthique qui permettront de contrôler adéquatement l’attribution des contrats publics.
En tant que président du comité ministériel de la région de Montréal, Jean-François Lisée écarte du revers de la main la possibilité d’élections anticipées à Montréal comme à Laval et en d’autres municipalités qui sont dans la mire de la commission Charbonneau. Il considère qu’une telle mesure soulignerait davantage les problèmes et allégations qui entachent la réputation de ces administrations et qu’elle compromettrait le tournant vers l’avenir, lequel, selon lui, devrait être au cœur des débats des campagnes électorales municipales.
Il estime d’ailleurs que les prochaines années sont prometteuses pour la grande région de Montréal. «On sort de la crise d’intégrité et on va se sortir de celle du transport,» a-t-il affirmé. Il a rappelé que 2017 marquera le 375e anniversaire de la fondation de Montréal et que cela coïncidera avec le cinquantenaire d’un autre grand événement marquant de l’histoire de Montréal, l’Exposition universelle de 1967. Selon le ministre, l’année 2017 devrait constituer une raison de fierté, à plusieurs égards, pour les citoyens du Grand Montréal, car il se dit convaincu que l’on aura alors trouvé des solutions à la plupart des dossiers litigieux qui affectent la métropole.
Il a effleuré les solutions envisagées pour la mise en valeur de l’îlot Voyageur et du Stade Olympique et fait ressortir qu’en 2017, le CHUM et le CUSM seront complétés et constitueront des éléments de fierté pour toute la population. Comme pour bien souligner sa vision régionale de Montréal, le ministre a aussi mentionné l’Amphithéâtre de Laval et le Théâtre de la Ville de Longueuil parmi les réalisations qui, avec les projets Griffintown et Radio-Canada, constitueront des éléments de fierté à l’aube du 375e.
Dans la première partie de son discours, M. Lisée a aussi abordé un problème qui préoccupe beaucoup les citoyens de la grande région de Montréal: la congestion routière. Il a énuméré des solutions à court terme qui témoignent, selon lui, de la volonté du gouvernement d’agir rapidement. C’est ainsi qu’il a soutenu que le réseau des voies réservées sur les grandes artères serait mis en place dans l’horizon 2013-2015. L’amélioration et l’extension des réseaux de transport collectif constituent également l’une des priorités du gouvernement qui préconise un processus accéléré d’électrification des équipements et systèmes exploités.
Bref, on peut croire que le ministre responsable de la région de Montréal n’a pas été contaminé par les sentiments de morosité et de cynisme qui semblent animer certains commentateurs de l’actualité. Au contraire, il a lancé un appel à la fierté et à la mobilisation pour ce «projet collectif» qu’est l’avenir de la région métropolitaine.
Au terme des deux jours de discussion du PMAD, où des perceptions divergentes se sont manifestées parfois vertement, son invitation à la concertation n’était certes pas superflue.