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Commission Charbonneau: Christian Ouellet a témoigné pendant deux jours

Vigneault Pierre - TC Media

Le témoignage de Christian Ouellet devant la commission Charbonneau était attendu avec intérêt par certains acteurs de la scène politique verdunoise. Ex-directeur général d’Union Montréal, M. Ouellet est le conjoint de la conseillère Andrée Champoux, élue sous la bannière de ce parti, dans l’arrondissement de Verdun, en novembre 2009.

Au cours des derniers mois, plusieurs témoins ont soutenu, devant la commission Charbonneau que des sommes importantes avaient été versées illégalement à Union Montréal. Comme Christian Ouellet a dirigé cette formation politique de 2004 à 2008 et qu’il avait piloté la campagne de ce parti, en 2001, il était donc en mesure d’apporter des précisions sur ses structures et ses opérations.

C’est avec beaucoup d’assurance que M. Ouellet a amorcé son témoignage devant les commissaires, le 11 mars dernier. Il a décrit, avec moult détails, le système qu’il avait mis en place pour assurer le financement légal des partis politiques et dont la première ébauche remonte à l’an 1977, dans le comté de Roberval. C’est cette approche qu’il a par la suite appliquée au niveau municipal, pour l’équipe du maire Gérald Tremblay.

Christian Ouellet a déclaré que les rapports approuvés par le Directeur général des élections démontrent clairement qu’Union Montréal a respecté toutes les exigences prévues par la loi. Il a soutenu que le parti avait toujours consacré des sommes inférieures à celles qui lui étaient allouées pour les campagnes électorales. Il affirme qu’il n’a jamais vu les centaines de milliers de dollars en argent comptant que certains témoins soutiennent avoir versés. «Je n’ai jamais vu ça et il faudrait être bien aveugle pour ne pas avoir vu passer une pareille affaire, » a-t-il répondu. Il s’est d’ailleurs demandé, devant les commissaires, à quoi auraient bien pu servir des sommes aussi considérables. Il a fait état des sommes importantes dépensées lors de l’élection de 2005, pour ajouter que « malgré toutes les dépenses effectuées, on a eu de la misère à se rendre à un million et demi (1,5 M$) de dépenses. Alors, ces millions-là, je ne sais pas à quoi ils auraient servi.»

Et Bernard Trépanier?

On a posé de nombreuses questions à M. Ouellet sur ses rapports avec Bernard Trépanier, responsable du financement pour Union Montréal. Le témoin a soutenu qu’il le rencontrait habituellement en présence d’autres membres de son équipe, à la permanence du parti. M. Ouellet participait aussi régulièrement aux cocktails-bénéfice organisés par M. Trépanier. Il a affirmé qu’il s’informait du bon déroulement des activités de financement dont M. Trépanier était responsable et que celui-ci rendait compte des sommes recueillies à l’agent officiel du parti, Marc Deschamps.

Me Cainnech Lussiaà-Berdou a produit un registre téléphonique qui démontre que M. Trépanier avait tenté de joindre M. Ouellet à 67 occasions entre février 2005 et juin 2008, mais ce dernier a déclaré qu’il ne se souvenait pas de la teneur ni des circonstances de ces appels.

Peu de mots sur Verdun

Au cours de son témoignage, Christian Ouellet a été longuement questionné sur les modalités de sa collaboration avec la firme de génie Roche, de même que sur les circonstances de son engagement à la Société du parc Jean-Drapeau, mais on a à peine discuté de l’arrondissement de Verdun. Me Cainnech Lussiaà-Berdou lui a seulement demandé s’il avait agi comme organisateur politique récemment (sic) dans Verdun, ce qu’il a reconnu. On peut présumer que le procureur faisait référence à la campagne électorale de l’automne 2009, mais cela n’a pas été précisé.

Le témoignage de M. Ouellet s’est terminé le 12 mars, après le contre-interrogatoire du procureur d’Union Montréal, Me Michel Dorval. Ce dernier a surtout cherché à obtenir des précisions sur les mécanismes de contrôle qui existaient chez Union Montréal, alors qu’il en était le directeur général.

Auparavant, la juge France Charbonneau avait demandé à M. Ouellet de s’engager à remettre à la Commission certains documents dont il avait été question durant son témoignage, ce qu’il a pu faire sur-le-champ, car il les avait en mains.

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