Encore la circulation!
Les portes ouvertes au sujet de l’étude environnementale sur le futur pont Champlain, vendredi et samedi derniers, a rassemblé un grand nombre de résidants. La circulation était, encore une fois, sur toutes les lèvres.
Mises en place par Transport Canada, responsable du futur pont Champlain, les portes ouvertes ont aussi permis à la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCCI) de répondre aux interrogations des résidants sur la construction imminente du pont temporaire qui reliera Montréal à L’Île-des-Sœurs.
«La plupart des travaux auront lieu sur des terrains inoccupés, nous ne commencerons que les travaux de raccordement avec les voies actuelles à Montréal et à L’île-des-Sœurs qu’en 2014, voire 2015. La plupart se feront que le soir et le week-end afin de minimiser l’impact sur la circulation», a expliqué Jean-Vincent Lacroix, directeur des communications de la société PJCCI.
Cependant, les automobilistes devront se diriger vers l’autoroute Bonaventure pour accéder et sortir de la Pointe-Nord de l’île. «Le tracé n’est pas encore tout à fait défini, l’entrepreneur pourra changer les plans. Mais actuellement, la bretelle qui relie L’Île-des-Sœurs et l’autoroute 15 nord ainsi que la sortie permettant d’emprunter la Pointe-Nord à partir de l’autoroute 15 sud seront fermées pendant une période prolongée, soit environ trois semaines», concède M. Lacroix.
Ces travaux, ainsi que ceux du nouveau pont Champlain, prévus en 2017, inquiètent plusieurs citoyens. «À l’île, on se soucie des entrées et sorties de L’Île-des-Sœurs, on a vécu l’enfer il y a deux ans. Si c’est bloqué, toute la circulation est chamboulée parce que tout le monde part de L’Île le matin et revient le soir en même temps. Les travaux vont se passer là, c’est certain que ça inquiète», a réagi l’un d’eux.
Sur place, le conseiller Paul Beaupré s’est montré plutôt optimiste: «Les résidants peuvent rencontrer plusieurs experts qui peuvent les rassurer, répondre à leurs questions et qui sont à l’écoute. Les gens s’attendent à ces travaux, mais ils veulent que ce soit vite fait. Ce qui m’inquiète le plus, ce sont les répercussions. Les matériaux que [les entrepreneurs] vont utiliser, il faut qu’ils les mettent quelque part, ça affecte donc le paysage. Et les pelletées de terre, ça occasionne de la poussière. Mais je suis confiant que ça va bien se passer».
Deuxième vague
Cette deuxième vague de portes ouvertes fait suite au second rapport de l’évaluation environnementale, celui-ci traitant des mesures d’atténuation qui devront être prises en compte lors de la construction du nouveau pont.
Rappelons qu’un premier rapport, exposant les différents aspects environnementaux qui seront affectés lors des travaux, avait été présenté en décembre dernier. Des portes ouvertes avaient alors lieu eu à L’Île-des-Sœurs et les résidants ont été invités à faire parvenir leurs commentaires à Transport Canada.
«Nous avons frappé dans le mille quant à l’identification des composantes environnementales à respecter. Essentiellement, les commentaires reçus concernaient les mesures d’atténuation que nous allions présenter dans le second rapport. Parmi les sujets les plus abordés, il y avait la circulation, la poussière et le bruit», affirme Vincent Jarry, directeur du projet à Transport Canada.
Les mesures d’atténuation présentées dans ce rapport représentent l’objectif que les entrepreneurs devront prendre en compte lors de la construction. «Ces mesures sont divisées en trois catégories. Premièrement, il y a les mesures standards qui correspondent aux pratiques courantes de l’industrie, qu’on retrouve dans n’importe quel projet de construction, telles que des silencieux sur des équipements bruyants. Aussi, les mesures particulières, ce sont les obligations que nous avons définies pour ce projet. Par exemple, ils devront s’assurer du déplacement du faucon pèlerin, dont le nid est près du pont actuel. Finalement, les critères de conception, ce sont les objectifs que les entrepreneurs devront atteindre, ce sont donc à eux à trouver et présenter une solution», explique M. Jarry.
Transport Canada invite une nouvelle fois les résidants à envoyer leurs commentaires d’ici le 19 mai. Par la suite, le rapport final sur l’évaluation environnementale sera rendu public au cours de l’automne. Vincent Jarry précise, cependant, que des études additionnelles se dérouleront pendant les autres étapes du développement du mégaprojet.
Selon l’échéancier préliminaire de Transport Canada, l’appel d’offres est espéré en 2015 pour une mise en service dès 2021. Son coût est évalué à 5 milliards de dollars.