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La foi, la peur et le doute

Malcolm Forbes a déjà dit : «Le but de l’éducation est de remplacer un esprit vide par un esprit ouvert». Une telle ouverture d’esprit n’existe certes pas chez ce couple de Drummondville qui tentait désespérément d’exempter leur enfant du cours d’éthique et de culture religieuse instauré par le ministère québécois de l’Éducation en 2008.

«Suggérer que le fait même d’exposer des enfants à différents faits religieux porte atteinte à la liberté de religion de ceuxci ou de leurs parents, revient à rejeter la réalité multiculturelle de la société canadienne et méconnaître les obligations de l’État québécois en matière d’éducation publique», a statué la juge Marie Deschamps. Bien dit.

Le fait que des parents paniquent à l’idée que leur enfant soit exposé à d’autres croyances religieuses est un rejet direct du multiculturalisme canadien. Depuis quand le fait d’être en contact avec des valeurs différentes des nôtres est une menace en soi?

Le fanatisme religieux, qu’il soit issu de la pensée talibane ou évangéliste, ou de quelle qu’autre orthodoxie, par définition soutient que ses principes moraux sont les bons et que ceux des autres sont erronés, et luttera toujours jusqu’au bout pour empêcher ses enfants de développer une pensée qui leur est propre. Parce que la pensée critique ne fait tout simplement pas partie des schèmes de base du fanatisme religieux.

Et c’est bien là le cœur du problème. Une pédagogie supérieure doit encourager les jeunes à développer un esprit critique, indépendant et sceptique et doit les amener à ne pas gober tout ce qui leur est présenté, sans réfléchir. Le fanatisme, au contraire, ne tolère pas les remises en question. Ces deux concepts sont donc d’emblée irréconciliables.

Par contre, si le Québec veut développer un esprit de tolérance entre les diverses cultures et religions, ce type d’enseignement doit débuter le plus tôt possible dans la vie de l’enfant et ce, dès l’école primaire.

En bout de ligne, ce malaise profond ressenti par certains d’entre nous face aux cours d’éthique et de culture religieuse n’était-il pas le signe d’une certaine hypocrisie? La peur n’est-elle pas le réflexe primaire du doute?

Si vos valeurs sont incapables de résister à une certaine remise en question, à des débats de société ou à des comparaisons avec d’autres systèmes de  pensée, quelles forces les valeurs que vous défendez auprès de vos enfants ont-elles réellement?

Que vous vous rendiez à l’église, dans une mosquée, une synagogue ou au temple, vos enfants auront de toute façon à vivre dans une société de plus en plus multiculturelle.

L’éducation ne fait pas reculer la foi, elle fait reculer les préjugés et les malentendus.

 

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