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Le temps presse

Le Comité de protection du parc de la Fontaine a remporté une victoire sans équivoque, le 26 octobre. En se prononçant massivement contre le changement de zonage, les opposants ont démontré qu’il était inutile de consacrer du temps, de l’argent et de l’énergie à tenir un référendum sur le projet.

Il est bien évident qu’une majorité de citoyens de ce secteur ne veulent tout simplement pas d’une école dans «leur» parc. La Loi sur l’Aménagement et l’urbanisme leur accordait le droit de bloquer ce projet et ils l’ont exercé.

Je suis d’ailleurs convaincu que le résultat aurait été le même si l’on avait trouvé un autre site convenable pour la construction d’une école. On compte environ 9000 foyers, à L’île-des-Soeurs alors qu’on dénombre moins de 1000 enfants qui sont en âge de fréquenter une école primaire. Même en supposant qu’il n’y a qu’un seul enfant par famille, c’est seulement un foyer sur 9 où l’on retrouve des gens qui ont besoin d’une école primaire. C’est donc 8 résidences sur 9 (88%) où les gens ont peu d’intérêt à souhaiter une école dans leur voisinage. Faut-il s’étonner du résultat du registre au parc de la Fontaine ?

Le quartier de L’Île-des-Soeurs n’est d’ailleurs pas le seul où l’on vit des situations similaires. On n’a même pas besoin de sortir de l’arrondissement de Verdun pour le constater. Un projet de jeux pour enfants, à l’autre bout de Verdun, suscite la grogne de plusieurs citoyens. Ils ne veulent pas endurer le bruit des ébats des enfants, alors qu’ils ont fini d’élever les leurs ou qu’ils ont choisi de ne pas en avoir.

Encore une fois, on est à l’heure des choix. Faudrait-il exclure de certains quartiers les gens qui ont choisi d’avoir des enfants ? Faudrait-il leur rendre la vie plus difficile en les empêchant d’obtenir les terrains de jeux et les écoles dont ils ont besoin ? Qu’arrivera-t-il quand on demandera aux citoyens de payer pour un centre sportif ?

Le gouvernement du Québec a pris des mesures pour favoriser la famille. Il a amélioré le congé parental, il encourage les immigrants à venir élever leurs enfants ici. Cependant, il laisse en place une loi désuète qui permet à de petits groupes de citoyens de bloquer les projets qui découlent de l’augmentation du nombre d’enfants.

Le député Gautrin se montre peu empressé à exercer des pressions pour faire changer cette loi. Il appuie, du bout des lèvres, la position du maire Trudel, mais du même souffle, il l’incite à poursuivre la tenue d’un référendum dont on connaît déjà les résultats.

Ce n’est pas en 2016, qu’il faut une nouvelle école à L’Île-des-Soeurs, c’est, au plus tard, en 2013. Il est trop tard pour les tergiversations et la petite politique.

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