Pas facile pour la génération Y
«Souvent, les jeunes ont une méconnaissance du marché du travail», affirme Sala Fatolou, coordonnatrice des services par intérim du Carrefour jeunesse-emploi de Verdun. «Les jeunes qui viennent nous voir sont très sensibles à tout ce qui entourent les conditions de travail et pas uniquement le salaire. Certains ont des jeunes familles, certains sont propriétaires ou en couple: leurs préoccupations changent.»
Selon elle, les jeunes recherchent un travail qui leur permettra de s’épanouir, non pas uniquement un gagne-pain. Ils seront moins fidèles et elle constate dans les curriculum vitae que les jeunes changent souvent d’emploi: pour aller vers d’autres défis ou pour avoir des tâches plus intéressantes ou plus de responsabilités. S’épanouir au travail, Guillaume Lemoine et Anne Joyal l’incarnent bien, eux qui ont fondé il y a cinq ans le Strom Spa à l’Île-des-Sœurs. (Voir autre texte en page 3)
Le CJE de Verdun, c’est une ressource pour les jeunes de 18 à 35 ans qui facilite l’intégration ou la réintégration au niveau professionnel et social. Bon an mal an, c’est entre 2200 et 2500 jeunes Verdunois qui gravitent autour du CJE. Les jeunes insulaires composent de 15% à 20% de sa clientèle.
Le taux de chômage élevé au Québec (environ de 13%) chez les Y de 18 à 35 ans et le marché du travail «morose», selon Mme Fatolou n’aide pas à la perspective d’emploi des jeunes. Rencontrant les participants en première ligne, elle a le temps de les observer. «Les jeunes sont très déterminés et disposés à bouger», explique-t-elle. Le marché du travail évolue très rapidement selon l’intervenante et elle suggère aux jeunes de la génération Y de développer le maximum de compétences et d’élargir leur réseau. Elle remarque que la concurrence est rude.
Des préjugés tenaces
La réputation de la génération Y est souvent malmenée: des paresseux, des revendicateurs, des enfants-rois, etc. Denis Morin, professeur à École des sciences de la gestion de l’UQAM en gestion des ressources humaines, il n’y a pas de différence notable d’attitude ou de comportement entre les générations. «C’est intéressant, car on pense qu’il y a des différences, mais les études scientifiques démontrent clairement qu’elles sont tellement minces que ça ne vaut même pas la peine de parler de conflit intergénérationnel», dit le spécialiste. Il faut valoriser les points en commun entre les générations selon lui. «Je crois qu’il faut éviter de tomber dans ces comparaisons intergénérationnelles. Il faut trouver un terrain d’entente entre les gens et rechercher le talent de chaque personne. On doit être positif et exigeant, favoriser la mixité et la diversité, partager les valeurs communes entre les générations: le respect, les compétences, l’autonomie, le soutien social en milieu du travail.»
Une incursion chez les jeunes
En entrevue avec Le Magazine, Jean-François Matifat confie avoir de la difficulté à se trouver un emploi. Il fréquente le CJE Verdun et affirme y avoir puisé des ressources inestimables. Né en 1983, il fait partie de la génération Y.
Pour lui, un bon emploi, ça va au-delà du salaire. «J’aimerais, par exemple, avoir quelque chose pour ma retraite.» Ses attentes vis-à-vis l’emploi ont changées au cours des dernières années. Le chercheur d’emploi a décidé de terminer ses études secondaires et pense poursuivre ses études au cégep. Jean-François Matifat se rend compte que trouver un emploi n’est pas aussi facile aujourd’hui, mais garde espoir. Le CJE lui a permis de développer plusieurs nouvelles habiletés qui l’aideront dans sa recherche.
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