Les femmes à l’honneur
«Women in Mind, c’est un outil pour toutes les femmes», explique Anna Goodson, entrepreneure de carrière. Elle voulait rapprocher celles-ci, tout en favorisant l’échange de renseignements et de partager la vie de quartier. Les sujets sont divers et nombreux, passant de la simple demande de référence pour un bon plombier à des discussions plus philosophiques.
«Par exemple, une femme a déjà lancé un débat en se demandant si une jeune fille de quatrième année était trop jeune pour recevoir le vaccin pour le VPH», commente l’entrepreneure. Pour elle, c’est d’abord l’entraide – l’ambiance des années 50 – qui la pousse à développer son groupe.
Elle s’est avouée surprise par l’entraide retrouvée sur le site. «Lorsque quelqu’un pose une question, les femmes accourent,» a-t-elle dit.
L’aventure a débuté – il y a presque deux ans – afin de favoriser le sentiment d’appartenance et de communauté. «J’ai créé une page sur Facebook, Ladies of leisure, pour rencontrer des femmes comme moi», raconte Anna Goodson.
Pour Geneviève Nadeau, c’est en tant que jeune mère déménageant à L’île-des-Sœurs qu’elle a reçu l’appel de la communauté. «Tout d’un coup, je me promenais avec ma poussette et je me sentais seule», a-t-elle avoué. C’est pour briser l’isolement des femmes qu’elle a décidé de plonger dans l’aventure.
«Depuis Women in Mind, les femmes se parlent à l’épicerie! On organise des 5 à 7 et des femmes de toutes les générations se côtoient», applaudit Mme Nadeau.
Mobilisation et empathie
Lors de l’incendie sur la rue Elgar, le 25 mars, une membre du groupe et résidente de L’Île-des-Soeurs, Lydia Alder, a lancé un appel aux femmes de Women in Mind. «Des membres nous ont cédé un local pour que l’on puisse recueillir des dons et du matériel pour les familles qui ont perdu leur domicile», se remémore Mme Alder, expliquant qu’elle ne croit pas que la collecte de fonds improvisée ait eu autant de succès sans la présence du groupe. Des vêtements, des jouets et de la literie ont été donnés. «Les familles ont pu venir chercher ce dont ils avaient besoin, et ce qui restait, on en a fait don à un refuge pour femmes à Verdun et l’organisme Entre-tes-mains», dit-elle. «En une journée, le local qui a été réservé pour la cueillette était plein», s’est réjouie Mme Nadeau.
«Ça créé des liens dans notre communauté, ce n’est pas juste virtuel», a témoigné Mme Alder, coordonnatrice aux communications pour le Regroupement interorganismes pour une politique familiale au Québec. Elle trouve important de pouvoir rencontrer et croiser les femmes de sa communauté et elle ne croit pas que les liens seraient aussi puissants sans le groupe.
Nouvelle aventure
Constatant la portée du groupe, les trois femmes lanceront un nouveau site web pour Women in Mind. Elles pensent ainsi faciliter le rapprochement, mais elles veulent aussi donner une voix à celles qui en ont besoin – on y trouvera une multitude de renseignements sur des sujets qui préoccupent les femmes de l’île et elles y réserveront un espace pour elles. Anna Goodson habite à L’île-des-Sœurs depuis 11 ans alors que Genevieve Nadeau y réside depuis 4 ans. «Je voulais un quartier où le plein air était accessible et avoir une belle place afin d’élever des enfants», insiste Mme Goodson. La proximité au centre-ville de Montréal enchante également les deux femmes. L’idée de Women in Mind a germé. On compte désormais 13 groupes à Montréal, un en Ontarion et un autre en Californie.
Les femmes de L’Île peuvent rejoindre le groupe en s’abonnant à la page Facebook. On peut également être informé du lancement prochain de la page web sur www.womeninmind.com.