Lachine & Dorval
10:28 28 avril 2020 | mise à jour le: 1 mai 2020 à 20:12 temps de lecture: 3 minutes

Députés au coeur de la crise

Députés au coeur de la crise
Photo: GracieusetéLe député Monsef Derraji et les préposées du CHSLD Herron porte des gants, une blouse et une visière lorsqu’il sont en fonction.

Il manque toujours de personnel à la résidence Herron de Dorval, alors que la situation s’est stabilisée au centre Nazaire Piché de Lachine. C’est le constat des deux députés de la région qui y apportent leur aide bénévolement.

À quelques minutes de chez lui, le député de Nelligan, Monsef Derraji, est à même de constater la situation au CHSLD Herron. «Ce n’est pas parfait, mais il y a un travail énorme fait par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS)», commente-t-il.

Lors de sa prise en charge par le CIUSSS, plusieurs pratiques ont dû être revues, puisque l’établissement privé ne se pliait pas aux mêmes normes que les CHSLD publics.

«Il a fallu tout réorganiser, résume le député de l’opposition. On se change dans les salles de bains, le salon de coiffure est devenu un bureau. Ce n’est pas idéal, mais il faut s’adapter pour survivre à la crise.»

En tout temps, 40 préposés devraient être sur le terrain par jour, selon l’estimation de M. Derraji, qui a travaillé pendant plus de 15 ans dans le domaine de la santé. Le compte serait toujours loin de cet objectif.

«On tend vers un contrôle, mais tant qu’on manquera de personnel, la situation est difficile à gérer», indique-t-il.

Plus de 65 des 77 résidents seraient présentement infectés par la COVID-19, donc des mesures importantes sont prises pour protéger les employés.

«Dans l’imaginaire des gens, c’est un endroit risqué, mais ça va, assure l’élu. Les employés sont mobilisés, la volonté est énorme.»

Choc

Contrairement à lui, le député provincial de Marquette, Enrico Ciccone, est débarqué au CHLSD Nazaire-Piché sans expérience professionnelle en santé. «C’est une expérience bouleversante», répétera-t-il à maintes reprises durant l’entrevue.

La situation s’est stabilisée au cours des derniers jours dans cette résidence, où le Centre universitaire de santé de McGill (CUSM) a déployé un grand nombre d’employés. Avant cette intervention, les bénévoles devaient effectuer des tâches normalement réservées aux préposés, telles que laver des résidents, changer leurs couches et les nourrir.

«Après ma première journée, j’étais en colère, j’avais de la peine. Je faisais sans arrêt le bilan dans ma tête, en pensant aux résidents à qui j’aurais dû donner plus de services, ou plus de temps. On devait faire des choix atroces», témoigne le libéral.

Dans les souliers de préposés, les députés constatent que leur profession doit être valorisée davantage.

«Ce sont des personnes passionnées, qui font un travail phénoménal, convient M. Derraji. Je ne pourrais jamais faire ce qu’ils font tous les jours.»

M. Ciccone en vient au même constat. «Tu me donnes 100$ de l’heure et je ne pourrais pas faire cet emploi, insiste-t-il. C’est un boulot ingrat parce que tu te mets dans des situations physiques et mentales difficiles, mais d’une noblesse extraordinaire.»

Le député de Marquette entend utiliser son expérience acquise en Commission sur la santé et les services sociaux, à laquelle il participe.

Pour faire du bénévolat en CHSLD, écrire au laforcedunous.comtl@ssss.gouv.qc.ca

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