Lachine & Dorval
15:59 22 septembre 2020 | mise à jour le: 22 septembre 2020 à 15:59 temps de lecture: 4 minutes

Ouverture à la mixité dans les écoles

Ouverture à la mixité dans les écoles
Photo: ArchivesMontréal compte encore quelques milieux scolaires réservés aux filles.

Les écoles secondaires non mixtes disparaissent graduellement du paysage scolaire québécois, constatent des intervenants du milieu de l’éducation. Les études démontrent que la séparation des sexes en classe n’exerce aucun impact sur les résultats des élèves.

Au cours des dix dernières années, trois écoles reconnues ont fait le saut à la mixité: les collèges Villa Maria et Jean-de-Brébeuf ainsi que l’école des Ursulines de Québec. Ces changements s’expliquent surtout par des raisons financières, observe le professeur en éducation de l’Université de Montréal, Roch Chouinard.

«Les écoles vivent de leurs clientèles, et se limiter à un sexe, c’est la diminuer», résume-t-il.

Sur l’île de Montréal, il n’y a plus d’écoles publiques non mixtes, alors que plusieurs institutions privées s’accrochent toujours à ce concept, comme le collège et la villa Marcelline, ou l’École Marie-Clarac. Alors que le préscolaire et primaire sont ouverts aux filles comme aux garçons, le secondaire est réservé aux filles.

«Ça va bien pour l’instant, on ne manque pas de clientèle, commente la directrice générale de Marie-Clarac, Soeur Jacinthe Caron. On n’est pas complètement fermés à la mixité, mais on manque simplement d’espace pour l’instant.»

Ouverture

Dans un milieu scolaire réservé aux filles, comme le Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, les filles sont plus enclines à adopter des rôles généralement prisés par les garçons, estime la directrice des services pédagogiques Jessika Valence.

«On se retrouve dans une microsociété où tous les rôles sont à prendre: le clown de la classe, le spécialiste des technos dans un projet ou le batteur en musique. Il n’y a pas de gars pour jouer ces rôles, alors ici, ce sont les filles qui le font», justifie-t-elle.

Effectivement, diverses études ont démontré que l’ouverture des élèves envers certains emplois prisés par le sexe opposé était plus grande dans les milieux non mixtes.

«Les étudiants de ces écoles ont moins une fausse perception que certains métiers sont faits pour les filles ou pour les garçons», soulève la post-doctorante en éducation de l’Université de Montréal Caroline Levasseur.

Impact faible

La non-mixité n’exercerait toutefois aucun impact notoire sur la motivation, l’attitude générale envers l’école et les résultats scolaires.

«Les résultats ne sont pas consistants, que ce soient dans les études que j’ai réalisées ou celles qui ont été faites à l’international», résume Dr Chouinard.

«La mixité peut avoir un impact dans la vie des élèves, parce que tout le monde est unique, mais les impacts pédagogiques sont négligeables selon les études.» – Caroline Levasseur, post-doctorante en éducation de l’Université de Montréal

Au contraire, l’enseignement non mixte pourrait mener à la propagation de stéréotypes de genres, craint-il, dans la mesure où les enseignants peuvent être tentés d’adapter leurs cours au sexe de leurs étudiants.

«Imaginez par exemple qu’on propose plus de thèmes liés aux sports à des garçons. Il y aurait un danger qu’on perpétue la croyance qu’ils aiment tous en pratiquer», illustre-t-il.

Cas par cas

Les intervenants s’entendent sur un point: l’essentiel demeure d’être à l’écoute de son enfant dans le choix d’une école. Il est possible que certains soient plus à l’aise dans un milieu non mixte.

«Ce serait faux de croire que tous les milieux correspondent à tous les enfants. Nous ne croyons pas que nous sommes mieux que d’autres, mais que certains se sentent mieux chez nous. Nos demandes d’inscriptions le démontrent», expose Soeur Caron.

Adapter ses lectures

Les livres proposés dans les cours de français du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie sont choisis pour plaire aux filles, relate la directrice pédagogique Jessika Valence.

«C’est un défi dans les milieux mixtes de trouver des lectures qui plaisent autant aux garçons et aux filles, estime-t-elle. On choisit notamment des livres qui abordent du féminisme pour plaire à nos étudiantes.»

Les lectures obligatoires sont également sélectionnées pour un auditoire féminin à l’École Marie-Clarac.

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