Lachine & Dorval

Chaos à l’aéroport de Montréal, des enfants attendent plus de 24 heures 

Photo: Alexis Fiocco / Métro

Depuis plusieurs jours, des vols sont annulés et des bagages sont perdus à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. La pénurie de main-d’œuvre en serait la cause, provoquant un chaos d’annulations de vols, de retards et de bagages perdus ainsi qu’une exaspération grandissante de la part de tous. Même des enfants doivent patienter plus de 24 heures. 

Les téléphones blancs du service après-vente d’Air Canada sont tous occupés, et l’attente dépasse l’heure. Au téléphone, des passagers dont le vol a été annulé, sans qu’on leur en trouve un autre. 

«C’est fou», déclare Daniel Comeau, un passager rencontré par Métro et dont les deux vols pour la semaine prochaine ont été annulés sans aucune explication. «Ce qu’on entend, c’est qu’il manque de personnel.»  

«Pourquoi depuis le retour après la COVID il n’y a personne nulle part?», s’interroge le passager.  

Tous les services sont au ralenti 

Personne ne semble connaître la raison de cette pénurie de main-d’œuvre. Une employée d’Air Canada suppose que «les gens ne veulent pas travailler, peut-être parce que le salaire n’est pas assez bon».  

Chez Air Canada, mais aussi parmi les employés de l’aéroport, tout semble fonctionner au ralenti lors du passage de Métro à l’aéroport. «C’est un manque de personnel à la sécurité, à la douane, à l’immigration, partout», confie un autre employé d’Air Canada. Et ce n’est pas près d’être fini. «C’est tout le mois comme ça», ajoute-t-il. 

S’il n’y a pas assez de passagers à bord des avions, les vols sont fusionnés. Mais parfois, la pénurie de main-d’œuvre est tellement importante que les vols sont annulés sans remplacement.  

Un groupe de 19 élèves de 15 à 18 ans, dont la moitié s’est allongée par terre, attend à l’aéroport depuis hier, à 14h. De retour de son voyage scolaire à Paris, le groupe passait à Montréal pour prendre un deuxième vol vers l’Ohio. Mais l’attente à la douane canadienne l’a mis en retard. «Ils ont cessé de laisser passer les gens [à la douane] parce qu’il y avait un retard. Lorsque nous sommes arrivés à la porte, ils ne nous ont pas laissés entrer», a déclaré la chaperonne du groupe.  

Après 24 heures d’attente, toujours pas de solution pour ce groupe scolaire. «Nous sommes prêts à nous rendre dans n’importe quel aéroport du Michigan, de la Pennsylvanie, de l’Ohio. Mais ils disent qu’ils ne peuvent rien faire pour nous.» 

«Nous avons passé la douane trois fois hier parce que personne ne nous disait où aller», dit-elle.  

Des passagers exaspérés 

De l’autre côté du terminal, une file se forme devant d’autres téléphones, les téléphones noirs, où des voyageurs tentent de réclamer leur bagage perdu.  

Un homme, épuisé de faire des allers-retours à l’aéroport, dit que ça fait deux jours qu’il a perdu ses bagages, lors de sa correspondance à Montréal avec Air Canada. Il n’a ni bagages ni vol pour Casablanca, sa destination finale. «Je veux rentrer chez moi», avoue-t-il.  

Air Transat connaîtrait aussi des difficultés. Les bagages de vingt personnes ont été perdus entre Toronto et Montréal, mais les employés disent qu’ils n’auront pas d’information avant 24h à 48h. Un passager venant de Venise, en escale à Toronto, n’est que quelques jours à Montréal avant de partir à Rimouski. L’employée d’Air Transat au bout du fil lui conseille «d’acheter de quoi se vêtir», car la livraison des bagages pourrait prendre quelques jours.  

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