L'hémorragie se poursuit chez Union Montréal
L’hémorragie se poursuit au sein du parti Union Montréal puisque sept autres élus ont démissionné pour siéger comme indépendants. Ce «tsunami» s’est abattu sur le parti de l’ex-maire Gérald Tremblay à la suite de l’intervention de 125 policiers de l’Unité permanente anti-collusion (UPAC) qui sont débarqués à l’hôtel de ville et dans six arrondissements pour y procéder à des perquisitions le mardi 19 février.
Chef par intérim d’Union Montréal, membre du comité exécutif et conseiller de LaSalle, Richard Deschamps n’était pas présent à l’hôtel de ville lorsque l’UPAC est passé à l’action.
En entrevue téléphonique au Messager, quelques heures avant d’apprendre la démission des élus d’Anjou, M. Deschamps s’est montré vague concernant l’avenir d’Union Montréal et des élus de LaSalle. «Quand il y aura du nouveau, on annoncera des choses, s’il y a des choses à annoncer. Il y aura des discussions au sein du parti. On est loin de la période électorale. L’idée, c’est de bien finir le mandat qui nous a été confié. Il y a peut-être des directions qui seront prises et qu’on ne connaît pas présentement.»
Quelques heures plus tard, le maire d’Anjou Luis Miranda et ses quatre conseillers quittaient le parti, tout comme le maire Gilles Deguire et une conseillère de Montréal-Nord la veille. M. Miranda aurait proposé la dissolution du parti lors d’un caucus des membres du parti jeudi dernier.
À sa sortie, Richard Deschamps a déclaré: «ce soir, nous avons beaucoup d’élus qui sont ici et nous continuons à discuter et à travailler pour les Montréalais.»
La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a affirmé au réseau TVA: «Union Montréal, c’est la fin d’un régime. Qu’ils décident de se saborder ou que certains désirent rester pour continuer à profiter de cette caisse électorale, ils ont perdu la confiance des Montréalais.»
Les perquisitions de l’UPAC
Concernant les perquisitions de l’UPAC, Richard Deschamps explique: «j’étais à l’extérieur et quand j’ai pris connaissance de ça, le mot d’ordre a été: collaboration, transparence et ouverture. Il faut laisser les enquêteurs faire leur travail. Ce sera une bonne chose de faire la lumière s’il y a eu des irrégularités. C’est malheureux quand des policiers investissent un hôtel de ville, mais nous avons facilité la tâche des policiers pour qu’ils puissent avoir accès à tout ce qu’ils voulaient obtenir parce que nous n’avons rien à cacher. Mon orientation comme chef, c’est qu’il y ait collaboration pour l’accès à l’information et c’est vrai pour l’UPAC, la Commission Charbonneau ou toute autre enquête.»
Les interventions visaient le financement d’Union Montréal. Pour Richard Deschamps, «ce n’est pas une période facile pour aucun élu municipal. J’ai des responsabilités et je les assume du mieux que je peux. Je ne peux assumer celles de certaines personnes qui auraient pu, et je le dit avec un gros conditionnel, commettre des actes illégaux. Si des gens ont commis des gestes répréhensibles, que la justice suive son cours. Je n’ai pas de pardon ou de pitié pour ça. Je pense que la majorité de mes collègues ont toujours agi dans le respect des lois. Pour l’instant, tout ce qui est dit, c’est à l’état d’allégations. Il n’y a aucun processus judiciaire et de mise en accusation.»
Est-il inquiet ? «Avec ce que l’on entend à la Commission Charbonneau, c’est inquiétant, mais je ne m’inquiète pas personnellement parce que je n’ai rien à me reprocher. S’il y des accusations, on verra ce qu’on fera à ce moment-là.»
LaSalle est épargné
Si LaSalle a été épargné, les enquêteurs de l’UPAC ont frappé dans les arrondissements voisins de Lachine et de Verdun, ainsi que dans Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grâce, Saint-Léonard, Saint-Laurent et Anjou.
Pour Richard Deschamps, «ça démontre que LaSalle a toujours été extrêmement rigoureux dans sa gestion. Ce qui m’intéresse, c’est que la lumière soit faite. Tant qu’on reste dans les allégations et les rumeurs, c’est plus dommageable parce que c’est tout le monde qui est touché».
Au comité exécutif
Au comité exécutif, Richard Deschamps siège avec des élus d’autres partis et des indépendants.
«C’est un travail prenant, mais je continue à rencontrer les gens sur le terrain et mes collègues font la même chose. Les événements qui se passent deviennent adjacents et il faut en tenir compte, mais ce n’est pas l’essence même de notre travail. J’ai toujours eu une forte éthique personnelle.»
«Au comité exécutif, il y a des discussions et des débats que les gens peuvent suivre sur le web tous les mercredis. Quand j’arrive à l’exécutif, j’essaie d’être constructif et d’apporter une contribution que va faire en sorte que l’on va de l’avant avec cette ville-là.»