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Être comédien lorsque l’on vit avec une déficience intellectuelle

Être comédien lorsque l’on vit avec une déficience intellectuelle
Photo: Messager LaSalle - Pascaline David

Pour Marc Barakat et Stéphanie Colle, qui vivent avec une déficience intellectuelle ou physique, être comédien est un rêve devenu réalité. Membres de la Corporation L’Espoir, basée à LaSalle, ils ont notamment fait des apparitions récentes dans la série télévisée québécoise Unité 9.

Marc Barakat vit avec une déficience intellectuelle moyenne et des tremblements. Rien n’arrête pourtant ce passionné de chant, de cinéma et de télévision, dont la mémoire est impressionnante.
«J’adore rencontrer et travailler avec les autres acteurs», raconte le comédien de 41 ans, qui réside à Lachine. M. Barakat affectionne particulièrement l’exercice de mémoriser un texte par cœur, puis de se glisser dans la peau d’un personnage le temps d’une scène.

Il se souvient de tous ses rôles et cite les noms de chaque personne avec qui il a travaillé. «Toute mon enfance, j’ai écouté Passe-Partout», lance celui qui est capable de raconter par cœur le scénario de nombreux épisodes de cette série jeunesse, diffusée entre 1977 et 1991. M. Barakat a d’ailleurs bien hâte de découvrir la toute nouvelle version.

La personne qui l’inspire le plus est sans conteste Ginette Reno. «Elle est extraordinaire, car elle est chanteuse et actrice en même temps», s’exclame-t-il, un grand sourire aux lèvres.

Stéphanie Colle
Née avec le syndrome de Down, Stéphanie Colle a obtenu ses premiers contrats de télévision cette année, dont Léo, une émission québécoise réalisée par Fabien Cloutier.

«Dans Unité 9, c’était la première fois que j’avais un rôle parlé à la télévision, révèle Stéphanie Colle avec fierté. J’écoute la série depuis la toute première saison.»
La comédienne de 34 ans a beaucoup pratiqué pour cette journée de tournage, où elle a rencontré la comédienne et chanteuse Kathleen Fortin.

«Lorsque j’ai vu Stéphanie à la télé, j’étais impressionnée, lance sa mère, Diane Colle, qui ne tarit pas d’éloge quant à sa fille. C’est un rayon de soleil.»

Cette résidente de Beaconsfield a l’art dans la peau. Lorsqu’elle ne répète pas ses exercices de théâtre et de mime, elle écrit des poèmes ou elle dessine. C’est en voyant l’un de ses frères interpréter le premier rôle dans une pièce de théâtre au secondaire qu’elle a eu envie de s’y mettre aussi.

Timide de nature, elle a pris en maturité et s’exprime davantage depuis qu’elle fait du théâtre, selon sa mère. «J’aimerais beaucoup jouer dans District 31», conclut Stéphanie.
La jeune femme a déjà hâte d’obtenir de nouveaux rôles.

Formation
Stéphanie Colle et Marc Barakat sont affiliés au centre des arts de la scène Les Muses, à l’école Champagnat. Cette école du Plateau Mont-Royal offre une formation professionnelle en théâtre, en danse et en chant à des artistes vivant une situation de handicap. Il peut s’agir de déficience intellectuelle, de trouble du spectre de l’autisme ainsi que de limitations physiques ou sensorielles.

Les élèves travaillent différents aspects du métier avec les professeurs, puis sont mis en contact avec des agences de casting pour favoriser leur insertion dans le milieu professionnel.
Fondé en 1997 par la danseuse Cindy Schwartz, le centre collabore avec des compagnies de théâtre et de danse au Québec et à l’étranger.

Rôles de Marc Barakat
Marc Barakat a récemment joué le rôle de Yves, dans Y’é où le paradis, de Denis Langlois et à la télévision dans Faits divers.

Il collabore également à trois productions de la compagnie Joe Jack et John, Dis merci, Go Shopping [et fais le mort] et Ce soir, l’Amérique prend son bain.
En 2012, Marc reçoit le prix Janine-Sutto qui souligne le talent artistique des personnes ayant une déficience intellectuelle.

Commentaires 1

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  • Gilles Giguère

    Article très intéressant et stimulant