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Laurence Parent, de militante à vice-présidente du CA de la STM

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Laurence Parent est également conseillère de la Ville pour le district De Lorimier. Elle a également siégé au CA de la STM entre 2017 et 2021. Photo: Quentin Dufranne, Métro

La conseillère d’arrondissement, district De Lorimier (Plateau-Mont-Royal), Laurence Parent, vient d’être élue vice-présidente du Conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM). Précédemment membre du CA, la nouvelle vice-présidente est aussi cliente du transport adapté. Et elle souhaite avant tout continuer à faire avancer l’accessibilité dans les transports pour les personnes à mobilité réduite.

Forte de son expérience au sein du CA de la STM entre 2017 et 2021, Laurence Parent se rend bien compte que les défis sont immenses pour faciliter l’accès aux transports pour tous. Mais ce n’est pas pour ça qu’elle désespère. Elle veut plutôt être méthodique.

Cela signifie entre autres qu’elle veut continuer le processus en cours. Il y actuellement 19 stations accessibles universellement à Montréal. La dernière, Viau, a inauguré ses ascenseurs récemment. D’ici 2027, le souhait est d’avoir 41 stations accessibles, souligne Laurence Parent.

L’ensemble doit être fait d’ici 2038. Mais je suis toujours mal à l’aise avec ces échéanciers, car il y a tellement d’incertitudes et de surprises à chaque chantier. Sans parler de la pénurie de main-d’œuvre.

Laurence Parent, vice-présidente du Conseil d’administration de la STM

Elle souhaite aussi «mieux outiller» les employés de la STM. Il faut qu’ils puissent répondre aux mieux aux besoins des personnes handicapées, selon elle. Cela concerne tous et toutes comme les aveugles, ou encore les personnes ayant une déficience intellectuelle, souligne Laurence Parent.

La vice-présidente voit aussi d’un bon œil la future nomination d’une deuxième personne handicapée au sein du CA de la STM. En effet, ayant laissé sa place, une personne avec les mêmes défis doit la remplacer.

Des défis nombreux

Laurence Parent est optimiste. Mais elle reconnaît également à quel point il y a du pain sur la planche en matière de transport adapté. Celui-ci permet à ceux qui ne peuvent se déplacer par eux-mêmes d’être pris chez eux pour se rendre où ils ont besoin d’aller.

La nouvelle vice-présidente est cofondatrice de l’organisme RAPLIQ, le Regroupement d’activistes pour l’inclusion au Québec. La présidente actuelle et cofondatrice de l’organisme, Linda Gauthier, voit cependant la nomination de Laurence Parent différemment.

En entrevue téléphonique, Mme Gauthier déplore aussi le manque de navettes. Ce manque rend difficile le fait même de vouloir se rendre quelque part, tellement aller d’un point A à un point B peut être long.

Une navette peut avoir à aller chercher plusieurs personnes en même temps, ce qui rend tout rendez-vous difficile à tenir.

Laurence Parent indique que pour parfaire ce service, il faut un financement adéquat. Elle précise aussi qu’un nouveau logiciel, Extraconnect, aide depuis deux ans puisqu’il peut indiquer en tout temps où se trouvent les navettes.

À Toronto par exemple, «il y a un plus grand maillage entre le réseau et le transport adapté», ce qui apporte plus de flexibilité aux personnes concernées, en pouvant utiliser les deux types de transport.

Des changements à venir?

De son côté, Mme Gauthier se sent désabusée autour de l’accès universel dans les transports. Et il est difficile de la convaincre que la nomination de Laurence Parent va y changer quelque chose.

Elle souligne que le RAPLIQ a joué un rôle clé dans l’accélération des travaux entourant l’accessibilité après avoir lancé une action collective en 2015. Linda Gauthier déplore également un manque de communication de la Ville avec l’organisme et craint que cette dernière prenne tout le crédit pour le travail effectué par l’organisme.

C’est le recours collectif, qui n’est pas terminé encore, qui a permis d’accélérer la mise en accessibilité de plusieurs stations. Et il y a une réticence de la part de la Ville et de la STM de le reconnaître.

Linda Gauthier, cofondatrice, présidente et porte-parole du RAPLIQ

La présidente du RAPLIQ voit aussi un manque de concertation dans certaines décisions qui ont été prises quant à l’accessibilité. Elle remarque notamment qu’un ascenseur a été installé à la station Jean Drapeau, mais qu’il est impossible pour les personnes à mobilité réduite de s’y rendre en transport.

Elle se demande aussi pourquoi les stations en travaux ne sont pas automatiquement fermées pour accélérer les travaux et donc l’accessibilité.

Des voix différentes

À cela, Laurence Parent indique que c’est fait lorsque cela est possible. La station Outremont sera notamment fermée entre le 10 janvier et le 19 août 2022. En matière de communication, elle insiste, «même s’il y a une action collective actuellement, la porte reste grande ouverte», et elle tient à assurer que la STM est ouverte à la discussion également.

Enfin, Linda Gauthier voit aussi l’adaptabilité des transports en commun comme difficile. Notamment les bus. Il n’est pas rare que les rampes d’accès soient brisées, selon elle. Celles à l’avant du bus sont plus performantes souligne-t-elle, mais il faut parfois la sortir manuellement.

Une entreprise difficile alors que le syndicat de la STM refuse à ses conducteurs de le faire par peur de blessure, selon Linda Gauthier.

Toutes ces difficultés ne font que pousser toujours un peu plus les personnes à mobilité réduite à l’isolement et leur enlèvent toute spontanéité, déplore Linda Gauthier.

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