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De nous il ne reste plus personne: une exposition photo qui raconte la nouvelle vie des réfugiés Syriens

À l’automne 2012, Valérian Mazataud, photoreporter, s’est rendu dans le nord de la Jordanie afin de documenter le quotidien de quelques-uns des millions de réfugiés qui ont fui la Syrie après le début de la répression du printemps arabe. Son exposition photo, De nous il ne reste plus personne, sera présentée à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal, du 20 février au 20 mars 2014.

Certains se sont entassés dans les tentes des camps de réfugiés poussiéreux, d’autres se sont plutôt faufilés dans les labyrinthes urbains des villes jordaniennes. Tous ont dû fuir à la hâte, laissant derrière eux leur ancienne vie.

« Quand on est réfugié, on n’est plus le bienvenu dans notre pays d’origine, mais on n’est pas vraiment accepté dans notre pays d’accueil. Par exemple, les réfugiés n’ont pas le droit de travailler. Il y en a beaucoup qui n’ont même pas de passeport. Ils ne sont donc pas libres de circuler. Ils sont dans un état de transition », souligne le photographe.

Pour illustrer leur réalité, il a choisi de pointer sa lentille sur les maigres possessions qu’ils ont pu traîner avec eux durant leur expédition. Des objets de mémoire qui témoignent de l’ampleur de leur perte.

« Certaines personnes n’ont pu emporter que très peu de choses. Dans ces cas, je prenais en photo ce qu’ils avaient sur eux : leur téléphone, leurs clés ou leur Coran, par exemple. À ceux qui avaient pu emporter un peu plus d’objets, je demandais de me montrer celui qui avait le plus d’importance à leurs yeux. »

Bien que ce ne fût pas sa première expérience en zone de crise, le documentariste fut frappé par les conditions de vie pénibles qui régnaient dans les camps de réfugiés. Malgré la perte, la douleur et la précarité de leur nouvelle vie, les Syriens qu’il a rencontrés au gré de son voyage lui ont ouvert leur porte.

« Ils avaient des attentions très touchantes. Par exemple, quand j’allais discuter avec des gens que je prenais en photo, ils m’offraient toujours quelque chose à boire, comme un jus de fruit qu’ils prenaient de leurs rations. J’ai été très frappé de la manière dont on peut se maintenir en vie, de préserver les traditions. »

La petite Heba

Vers la fin de son voyage, à Amman, il rencontre la famille d’Heba, une petite fille syrienne. De tous les visages qu’il a vus, c’est le sien qui lui vient d’abord en tête lorsqu’il raconte son séjour.

Traumatisée par les horreurs qu’elle a vécues, elle fait des cauchemars récurrents et s’arrache parfois les cheveux. Malgré son jeune âge, elle a déjà vu mourir trop de ses proches.

« Je me disais que je devais être devenu blindé parce que ça me touchait de moins en moins. Je trouvais ça dramatique de penser que l’on puisse entendre tellement d’histoires d’horreur que cela en devient presque normal. C’est là que je me suis rendu compte que ces gens-là vivent dans un monde qui n’a aucun sens », raconte Valérian Mazataud.

Alors que la mère d’Heba raconte l’histoire tragique de sa famille, la petite fille se met à jouer sous une fenêtre en essayant sa robe de prière blanche. Ses gestes, gracieux, captivent le photographe.

« Elle me semblait alors joyeuse et insouciante. Cette photo me rappelle que les enfants continuent à vivre malgré les horreurs. »

L’exposition photo De nous il ne reste plus personne sera présentée à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal (465, avenue du Mont-Royal Est), du 20 février au 20 mars 2014.

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