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Manon Massé est confiante que son cinquième scrutin sera le bon

D’élection en élection, Manon Massé est devenue l’une des têtes d’affiche de Québec Solidaire (QS). Pourtant, en quatre tentatives, la militante féministe n’a jamais réussi à se faire élire. Voilà une tendance qu’elle compte bien renverser ce printemps. Pour elle, il n’y a pas de doute, elle fera enfin son entrée à l’Assemblée nationale.

« Encore plus que lors de la dernière campagne, les gens sont nombreux à me reconnaître dans la rue. Ils viennent de plus en plus me voir pour me dire que je peux compter sur leur vote», confie d’emblée Mme Massé, attablée dans un café bondé rue Saint-Denis.

Depuis 2006, ses pancartes électorales semblent faire presque partie du décor de Sainte-Marie – Saint-Jacques. Normal, c’est la cinquième fois que la travailleuse communautaire et ancienne porte-parole de la fédération des femmes du Québec y tente sa chance.

En 2008, récoltant près de 15 % des voix, elle a terminé troisième, loin derrière son adversaire péquiste.

Mais quatre ans plus tard, alors qu’on lui oppose pour la première fois Daniel Breton, candidat vedette du Parti Québécois (PQ), elle a réussi à faire un bond de 10 points de pourcentage, terminant la course en deuxième place.

Sa marche est peut-être longue, mais selon elle, cette fois-ci, le Salon bleu est à sa portée.

Un Québec vert

Sur le terrain, Mme Massé dit avoir constaté une fracture entre les électeurs et le PQ.

« Ils se sentent trahis, opine Mme Massé. Aux dernières élections, ils pensaient qu’ils votaient pour un parti qui avait des sensibilités de gauche et environnementalistes. Mais ils ont eu le contraire. »

S’ils se sentent floués, elle estime que c’est en partie dû à ce qu’elle qualifie de piètre bilan écologique du gouvernement Marois. L’appui qu’il a accordé au renversement du pipeline d’Enbridge et le feu vert qu’il a donné à l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti en auraient dégoûté plus d’un.

« C’est un dossier national, mais c’est un enjeu local. On connaît ça le smog et les îlots de chaleur dans Sainte-Marie – Saint-Jacques, dit-elle. La voiture, c’est un modèle de développement archaïque. On se dirige vers un mur. Il faut vraiment se sortir de notre dépendance au pétrole. »

Sans hésiter, elle accuse le PQ de s’être s’est laissé charmé par le chant de sirène des pétrodollars. Le moindre compromis avec les pétrolières est, selon elle, un pas de recul.

« Quand les gens ont d’autres options de transport qui sont abordables et de qualité, ils délaissent la voiture », affirme-t-elle.

Elle défend longuement l’ambitieux plan de développement des transports en commun proposé par QS; nouvelles stations de métro, tramways, multiplication des circuits d’autobus et création d’une flotte de véhicules écoénergétiques pour un service d’autopartage.

Mais le nerf de la guerre, c’est l’argent. Et les solidaires prévoient en dépenser beaucoup. Au total, ils proposent de consacrer 20 milliards de dollars en cinq ans à leur projet de transport collectif.

À ceux qui l’accusent de rêver en couleur et de dépenser l’argent que l’État n’a pas, Mme Massé répond que le projet répond à la fois à des exigences écologiques et à des impératifs économiques. Selon elle, il permettrait au gouvernement de non seulement électrifier les transports et de réduire les tarifs pour les usagers, mais également de stimuler l’économie en créant de l’emploi à Montréal et à Québec en passant par Saguenay et Sherbrooke.

Économie sociale

Saint-Marie – Saint-Jacques compte proportionnellement deux fois plus de ménages vivant sous le seuil de faible revenu que la moyenne québécoise.

Pour donner un coup de pouce à ceux qui en arrachent, Mme Massé souligne qu’il faut encourager l’économie communautaire et soutenir les initiatives populaires.

« J’ai envie de me battre pour des projets d’économie sociale. Par exemple, j’appuie totalement le projet de centre de dépôts pour contenants consignés proposé par la coopérative Les Valoristes. Ça viendrait en aide à ceux et celles qui arrondissent leurs fins de mois en sillonnant les rues à la recherche de contenants recyclés. Il faut encourager l’autonomie des gens. »

Elle ajoute que bien des familles de la circonscription peinent à se loger et à se nourrir adéquatement. Pour leur dégager une marge de manœuvre, elle rappelle que son parti s’engage entre autres à annuler la hausse des frais de garde, éliminer l’augmentation des coûts de l’électricité et abolir la taxe santé.

« On propose également la construction de nouveaux HLM publics, chose qui ne s’est pas fait depuis les années 90. Pourtant, les besoins sont criants à Montréal », déplore-t-elle.

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