Soutenez

Le Plateau fou des abeilles

Deux ans et demi, et 135 ruches plus tard, l’organisme pour l’apiculture urbaine, Alvéole, est bien implanté dans ses locaux de la rue De Bordeaux. Alors que cette institution du Plateau est désire augmenter le nombre de colonies d’abeilles dans Montréal, elle encourage les «Plateaupithèques» à planter des fleurs dans l’arrondissement.

« Il y a encore quelques possibilités de ruches dans le Plateau-Mont-Royal, mais il faudrait plutôt augmenter l’agriculture urbaine, planter pour créer un habitat pour les abeilles, avant d’ajouter d’autres ruches », explique le cofondateur d’Alvéole, Étienne Lapierre.

Pour les curieux, il est possible de déguster du miel de chaque arrondissement, à la miellerie d’Alvéole, 5425 rue De Bordeaux, puisque les surplus de production des colonies fournies par l’ONBL sont remis à l’organisme.

Cette année, c’est presque tout Montréal qui participe, à l’exception de quelques secteurs au Nord et à l’Ouest. Dans les cas de Montréal-Nord et Saint-Léonard, l’absence de ruches peut s’expliquer par la situation économique précaire des ménages. En effet, installer une ruche d’Alvéole coûte 750 $ la première année. Cela inclut la colonie d’abeilles, tout le matériel, les services d’entretien et d’enseignement des cofondateurs Étienne Lapierre, Alexandre McLean et Declan Rankin Jardin. Un 10 kilos de miel est garanti aux apiculteurs en herbe, mais ils doivent donner les surplus à l’organisme..

« L’année dernière, nous avions seulement le Sud-Ouest et le Plateau-Mont-Royal qui avait des ruches. C’est vraiment intéressant de voir la différence de goût, de couleur et de qualité qu’a le type de fleurs sur le miel. Celui du Plateau est de couleur très claire avec un petit goût mentholé, sûrement en raison de la grande concentration de tilleul. Celui du Sud-Ouest est beaucoup plus foncé », indique celui qui croit que cette friandise peut donner une bonne idée de la biodiversité d’un endroit.

Développer l’apiculture intelligemment

Les organismes faisant la promotion de l’apiculture se consultent pour connaître l’emplacement des ruches urbaines. Actuellement, Montréal en compte 250, alors que des villes comme Londres en ont 4000.

« On sait ce qui s’est passé à New York, où il y a eu une saturation, parce que les gens ne se parlaient pas. Nous, on veut bien le faire. C’est pour cela qu’à la fin septembre, nous allons lancer une plateforme informant les citoyens sur l’emplacement actuel des ruches, leur rayon d’activité et les endroits propices pour l’installation de nouvelles ruches », souligne M. Lapierre.

Pour l’apiculteur, il va de soi que les initiatives doivent se faire en collaboration avec des projets d’agriculture urbaine.

« On a des citoyens membres d’un jardin collectif de Notre-Dame-de-Grâce qui désirent avoir une ruche, mais ils ne peuvent pas en raison de la réglementation de l’arrondissement. Ce serait d’autant plus intéressant d’avoir une colonie d’abeilles là, puisqu’elles travaillent en collectivité comme les membres du jardin », indique M. Lapierre.

Les abeilles, ces bêtes sanguinaires?

Éduquer la population au faible risque de piqûres lié aux abeilles fait partie du mandat de l’organisme.

« Lors de nos formations, les gens n’ont pas d’habit particulier, ni de gants et il n’y a jamais eu de piqûre. Il faut prendre le temps pour faire nos manipulations tranquillement et ne pas stresser les abeilles. Nous avons eu une formation au Manitoba en milieu rural, où les apiculteurs avaient des combinaisons, parce qu’ils ouvraient 25 ruches en même temps et récoltaient très rapidement. Ce n’est pas ce qu’on veut en milieu urbain », souligne le cofondateur d’Alvéole.

Il mentionne que les gens confondent souvent abeilles et guêpes, alors que leur forme et leur comportement sont très différents.

« Une abeille, ça pique seulement si ç’a l’impression que sa ruche est menacée, parce qu’elle meurt après avoir piqué. Une guêpe, c’est plus agressif et ça peut insérer son dard plusieurs fois », nuance-t-il.

Pour plus d’information ou pour goûter au miel des divers arrondissements, rendez-vous au 5425 rue De Bordeaux, suite 217

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.