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Dormir au son de la Salaison Lauzon

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Bruits de génératrices, de chargements, de compresseurs et de nettoyage à haute pression: même s’ils ferment leurs fenêtres et utilisent des bouchons à oreilles, les résidents des rues Chapleau et Franchère peinent à dormir la nuit. La source de leur insomnie: la Salaison Lauzon.

« On sait qu’on hérite d’un problème du passé, quand les industries étaient placées en plein milieu des quartiers résidentiels. Mais aujourd’hui, ce n’est plus viable, a plaidé Véronique Truffelli, une citoyenne, accompagnée de ses voisins, lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement. Salaison Lauzon semble avoir le vent dans les voiles, son chiffre d’affaires a gonflé. On le voit par la grosseur des camions et le nombre de chargements qui augmentent, le jour comme la nuit. À cause du manque d’espaces pour stocker la viande, l’entreprise recule des 40 pieds réfrigérés dans les quais de chargement et les utilise comme espaces d’entreposage supplémentaires. Ces quais sont orientés vers les résidences, le bruit est infernal! On est tous allé cogner pour leur demander d’éteindre leurs camions la nuit, en raison du bruit. »

Le groupe de citoyens a déposé une pétition paraphée par 88 résidents du quartier demandant à ce que l’entreprise respecte leur quiétude.

Les opérations nocturnes de la compagnie de transformation de viande dérangent le voisinage. Le niveau de bruit atteint les 78 décibels, alors que la limite permise est de 45 décibels. Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on indique que pour chaque nouvelle tranche de trois décibels, l’intensité du son double.

Droit acquis?

À plusieurs reprises, les citoyens excédés ont fait appel aux policiers. Or, chaque fois que ceux-ci se présentent chez la Salaison Lauzon, l’entreprise soutient qu’elle détient un droit acquis pour opérer la nuit.

« Il faut faire une différence entre le droit d’opération et le respect de la réglementation. Quand la loi change, il faut s’y conformer. On parle ici de pollution sonore. Il n’y a pas de droit acquis pour polluer! Les agents de police ne savent pas trop quoi faire avec ça, il n’y a même pas d’espace sur leurs contraventions pour ce type d’infraction », souligne la citoyenne.

Présente à la séance du conseil d’arrondissement, la commandante du poste de quartier (PDQ) 37, Line Blanchard, indique qu’il s’agit d’un règlement que les policiers ne sont pas habilités à appliquer.

« On applique le règlement de bruit en ce qui a trait à la musique, aux partys et aux cris. Pour ce qui est des appareils électriques, ce n’est pas nous. »

« Les policiers n’ont pas de sonomètre. Il n’y a que des inspecteurs de la Ville qui peuvent le faire [prendre des mesures de bruit] », a ajouté un fonctionnaire de l’arrondissement.

Constats d’infraction et injonction

Le maire Luc Ferrandez estime que les citoyens ont raison de se plaindre. Néanmoins, il soutient que la lutte pour que cesse le vacarme nocturne sera longue.

« Il n’y a jamais eu de contraventions contre la Salaison Lauzon. Quand les entreprises ont une amende, elles ont un délai pour la payer. Si ce n’est pas fait, le montant double. Dans un cas comme celui-là, Salaison Lauzon va pouvoir étirer les procédures longtemps avant qu’on réussisse à l’avoir, parce que ça coûte moins cher que de faire les changements nécessaires pour arrêter les bruits intempestifs », estime M. Ferrandez.

Pour que le dossier se règlement plus rapidement, il a dit qu’il serait étudié dans son ensemble, pour voir si l’entreprise ne s’adonnait pas à des usages proscrits.

« On n’a pas l’intention de reculer. On va continuer et multiplier les contraventions jusqu’à ce qu’on soit en mesure de déposer des injonctions », a assuré le maire, indiquant que le développement de la zone économique du Plateau Est pouvait se faire sans la présence d’industries lourdes, comme la transformation de viande.

Le journal Le Plateau a communiqué avec la Salaison Lauzon qui n’a pas retourné nos appels.

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