Alain Gagnon: un mandat sous le signe de la continuité
« Sur le Plateau-Mont-Royal, les policiers des PDQ 37 et 38 répondent à environ 5000 appels en lien avec le bruit, chaque année. C’est énorme, c’est le double de l’arrondissement de Ville-Marie. On veut réduire la quantité d’appels, car on n’a pas la capacité de répondre à cette demande. En ce moment, on travaille en amont, pour essayer de comprendre la situation et régler le problème à la source », expose M. Gagnon.
Dès le mois d’avril, les policiers rencontreront les tenanciers de bars, en commençant par ceux de l’avenue du Mont-Royal.
L’inspecteur Gagnon estime que les citoyens ont aussi leur rôle à jouer, en étant vigilant et en faisant preuve de civisme. L’idée « que l’on peut faire du bruit jusqu’à 23 h » est une légende urbaine. On peut être passible d’une amende à toute heure du jour et de la nuit si l’on dérange le voisinage.
Pour désengorger le service de police, il invite les gens à communiquer directement avec leurs voisins (commerçants ou particuliers), lorsqu’il y a un problème de bruit.
« Souvent, ça se règle sans qu’on ait à appeler le 911. Je crois que les résidents ont la responsabilité d’essayer de régler le conflit, c’est une question de civisme. Il y a une première approche qui peut être faite. Si ça ne fonctionne pas, là, ils doivent appeler la police », soutient-il.
Un projet-pilote pourrait voir le jour sur le boulevard Saint-Laurent, en partenariat avec sa société de développement commercial (SDC). De cette manière, il espère pouvoir « démobiliser » les policiers qui sont postés sur la Main, afin de les affecter ailleurs, et ainsi, mieux couvrir le territoire.
« Dans Ville-Marie, on avait des intervenants de milieu qui sensibilisaient les gens sur la question des incivilités. Depuis cinq ans, on dépêche beaucoup de policiers sur Saint-Laurent et le Service de police de Montréal a, en quelque sorte, pris le leadership des interventions. Avec la SDC, je veux qu’on se partage la responsabilité.
« Les gens voient souvent les policiers de manière répressive, même s’ils ont la plus belle approche qui soit. Je souhaite donc avoir des gens qui ont un contact différent. J’ai demandé à la SDC d’engager des intervenants de 25 à 35 ans, en civil, qui pourront faire de la sensibilisation à la sortie des bars », explique-t-il, indiquant que cette initiative a déjà fait ses preuves sur la rue Sainte-Catherine.
Du côté de la SDC du boulevard Saint-Laurent, le directeur général, Glenn Castanheira, se dit très enthousiasmé par ce projet. Des intervenants de la rue Sainte-Catherine viendront faire un diagnostic de cette artère commerciale, d’ici la fin du mois. À partir de là, le nombre d’effectifs embauché et le budget alloué au projet seront déterminés.
Sécurité dans les parcs
Un autre point sur lequel M. Gagnon souhaite mettre l’accent, c’est la sécurité dans les parcs, notamment La Fontaine et Jeanne-Mance. Il souhaite que la population « se réapproprie ces espaces verts ». Pour ce faire, il entend relancer la patrouille à vélo, qui, lors de la dernière saison estivale, avait dû être abandonnée puisque les policiers ont été mobilisés pour les manifestations.
Il annonce que les patrouilleurs à bicyclette seront plus nombreux; on envisage d’en déployer une dizaine, qui sillonneront les pistes cyclables et les parcs, pour intervenir auprès des piétons et des cyclistes.
« Juste le fait d’être à vélo, ça permet un contact plus direct. On est plus près des citoyens, les enfants viennent davantage nous voir. Sur le Plateau, le vélo, c’est très populaire. Inconsciemment, ça va rejoindre les valeurs des citoyens, et ça facilite le dialogue. La voiture, souvent, est perçue comme un obstacle et donne une impression de répression », expose M. Gagnon.