Un peu de soleil pour les propriétaires de terrasse
Des 85 terrasses existantes, 23 devront être modifiées pour la prochaine saison. Leur propriétaire bénéficiera d’une réduction de 20 % du coût pour l’obtention du permis.
« On veut leur donner un coup de main pour couvrir les dépenses qu’ils devront absorber afin de rendre leur terrasse universellement accessible. Il ne s’agit que d’une minorité de terrasses qui sont touchées par cette mesure, car la plupart le sont déjà », estime Alex Norris, conseiller de Ville.
Pour sa part, Bertrand Hubert, propriétaire du bar Le Boudoir et porte-parole de la Société de développement Avenue Mont-Royal (SDAMR), soutient que cette mesure a été instaurée à la demande des restaurateurs et des tenanciers de bars qui exploitent des terrasses.
« Le projet de terrasses sur chaussée a été poussé par la SDAMR, dès ses débuts. Lorsqu’il a été mis en place, l’arrondissement a adopté un cadre normatif qui respectait les normes du code du bâtiment », explique M. Hubert.
Or, la modification du règlement au mois de mars dernier pour que les installations extérieures soient accessibles à tous fait en sorte que les propriétaires doivent assumer des dépenses supplémentaires, une situation que certains d’entre eux trouvent injuste, puisqu’ils ne contrevenaient pas à la réglementation en place.
« L’arrondissement n’avait qu’à revoir son cadre normatif, tandis que nous, nous devions payer pour faire les modifications. L’architecte doit refaire les plans, le dossier doit être soumis à nouveau à l’arrondissement et à la Régie des alcools, des courses et des jeux et il faut aussi payer pour la main-d’œuvre et les matériaux pour refaire la terrasse. Au départ, nous demandions une compensation financière équivalente au coût du permis pour deux mois (sur six), ce qui représente environ un rabais de 30 % », indique M. Hubert, qui concède que l’arrondissement fait « quand même preuve de bonne volonté ».
Tarifs et profits d’une terrasse
Opérer une terrasse sur le Plateau-Mont-Royal est plus dispendieux que dans les arrondissements voisins. Dans un article publié dans La Presse, le 12 mars, Federico Rivas, du bar Chez Baptiste, a confié payer 10 fois moins cher pour la terrasse de sa succursale de la rue Masson, située dans l’arrondissement Rosemont – La Petite-Patrie que pour celle de l’avenue du Mont-Royal.
Malgré tout, M. Norris considère que la situation se porte bien dans Le Plateau-Mont-Royal et soutient que le nombre des terrasses a pratiquement doublé, depuis l’arrivée au pouvoir de Projet Montréal dans l’arrondissement, en 2009. À cette époque, Le Plateau-Mont-Royal comptait 46 cafés-terrasses, en comparaison à 85 en 2012 (d’autres demandes de permis pourraient encore s’ajouter).
« La formule que nous avons adoptée permet aux tenanciers et aux restaurateurs qui le désirent d’étendre leurs installations sur la chaussée. Ce n’était pas permis auparavant. Maintenant, les terrasses sont plus spacieuses et accueillantes pour les clients. Parce qu’on interdit la publicité et qu’on a adopté des mesures de verdissement, les terrasses sont aussi plus jolies. C’est une situation « gagnant-gagnant » pour tout le monde : c’est rentable pour les commerçants et ça constitue une source de financement pour l’arrondissement », estime-t-il.
Pour ce qui est du prix demandé, M. Norris croit qu’il est, somme toute, raisonnable.
« C’est sûr que les terrasses qui empiètent sur la chaussée sont plus dispendieuses, car nous devons récupérer l’argent des parcomètres.
« Les tarifs sont de l’ordre de 2 $ par table par jour. C’est une fraction de ce que les restaurateurs font comme profit. Ce n’est pas si cher que ça, surtout si on compare ce qu’ils paient au pied carré dans le domaine privé pour la location de leurs locaux », avance-t-il.
M. Hubert ne partage pas cet avis. Il réfute l’affirmation de M. Norris en soulignant que le coût du permis se calcule en fonction de la superficie occupée, et non en nombre de tables.
Il soutient également que l’arrondissement facture les commerçants pour récupérer l’argent des parcomètres. Or, les places de stationnement avec un parcomètre ne sont pas toujours occupées, fait-il valoir.
Finalement, il rappelle que la rentabilité d’une terrasse dépend de la température. Les commerçants prennent donc un risque en misant sur cette installation, puisque nul ne sait ce que la météo réservera.