Un réseau blanc sur le Plateau en 2012 ?
Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a annoncé, lors du dernier conseil municipal, que l’arrondissement pourrait déneiger sa part du réseau blanc l’hiver prochain, si l’argent et la sécurité sont au rendez-vous.
En 2008, la Ville de Montréal annonçait la création d’un réseau blanc, afin que les cyclistes puissent enfourcher leur bécane hiver comme été. Les pistes cyclables du réseau hivernal, qui chevauchent les arrondissements du Plateau, de Rosemont et de Ville-Marie, totalisent 42 km.
Jusqu’à maintenant, l’administration du Plateau refusait d’entretenir sa portion du réseau principalement desservie par les rues Cherrier et Rachel (axe est-ouest) et par de Brébeuf (axe nord-sud), invoquant notamment un manque d’argent.
Selon Luc Ferrandez, l’hiver clément et exempt de neige que nous avons connu jusqu’en février a permis de renflouer le bas de laine de l’arrondissement qui n’a – pour l’heure – qu’un seul chargement de neige à son actif. Chaque chargement coûte 1 M $ à l’arrondissement. « Tout indique qu’on va devoir en faire un deuxième [chargement] vers la fin de la semaine. On a prévu de l’argent pour effectuer quatre chargements de janvier à juin 2012. Une tempête peut venir annuler une foule de petits projets », explique le maire, qui laisse entendre que la neige des derniers jours pourrait remettre en question la déclaration qu’il a faite lors du conseil municipal.
« Quand j’ai dit ça, il n’y avait pas un gramme de neige qui était tombé sur Montréal depuis deux mois, affirme-t-il. Là, on a eu une première tempête, on en attend une autre et on ne sait pas ce qui va se passer en mars. Le réseau blanc sera déblayé à condition qu’on ait le budget. Je pense qu’on devrait l’avoir si on n’a pas un mois de mars catastrophique ».
Selon une première estimation, il en coûterait annuellement 135 000 $ à l’arrondissement pour déneiger ses tronçons du réseau blanc, un montant qui comprend le déneigement de la piste cyclable en site propre sur Rachel et Cherrier, ainsi que l’épandage d’abrasifs.
L’axe nord-sud : l’épine dorsale du vélo
Autre condition sine qua none pour que le Plateau accepte d’entretenir sa portion du réseau cyclable hivernal : un axe nord-sud sécuritaire « qui a de l’allure ». Selon M. Ferrandez, ledit axe, desservi par la rue de Brébeuf, ne peut être praticable l’hiver. « Sur Brébeuf, tu ne peux pas laisser les voitures garées en bordure de la piste cyclable et faire passer une souffleuse en même temps, ça ne rentre pas », estime-t-il.
De plus, la rue de Brébeuf traverse deux parcs (Laurier et La Fontaine) et l’arrondissement refuse d’y saupoudrer des abrasifs. La solution ? Développer un nouveau trajet nord-sud hivernal, un projet sur lequel le Plateau planche actuellement, en partenariat avec la Ville-centre.
« D’une part, le trajet passerait en bordure des parcs Laurier et La Fontaine. D’autre part, il emprunterait de la Roche plutôt que de Brébeuf. On est assez avancés », soutient le maire.
« À partir de ce moment-là, on aurait un vrai axe nord-sud et ça vaudrait la peine de faire déblayer le réseau blanc au complet, dont les rues Cherrier et Rachel, Laurier et Saint-Urbain, soutient Luc Ferrandez. Le réseau blanc tel que prévu par la Ville-centre est une fiction basée sur un discours pro-vélo sans qu’on y mette les moyens nécessaires. Sans axe nord-sud, qui représente l’épine dorsale du vélo à Montréal, ça ne donne rien d’investir dans un réseau blanc ».
Un autre élément encourage le maire à aller de l’avant : avec les hivers moins rigoureux des dernières années, il estime à environ 1000 le nombre de cyclistes qui empruntent les pistes cyclables du Plateau durant la saison froide. « Le nombre d’utilisateurs commence à être convaincant. L’hiver, on voit de plus en plus de gens utiliser le vélo au quotidien. Ça libère des places dans les métros, ça fait moins d’autos dans la rue, etc. », conclut Luc Ferrandez.