Le Plateau-Mont-Royal
15:20 17 mai 2012 | mise à jour le: 17 mai 2012 à 15:20 temps de lecture: 4 minutes

Réécrire l’Histoire : Jeanne Mance, fondatrice de Montréal

Avant de donner son nom à une rue, un parc et une école secondaire, Jeanne Mance a été une femme moderne et déterminée. L’Histoire se souvient d’elle comme étant la fondatrice de l’hôpital Hôtel-Dieu. Toutefois, plusieurs ignorent le rôle primordial qu’elle a joué dans la fondation de la Société Notre-Dame de Montréal. Afin de mettre en lumière cette partie oubliée de l’Histoire, Annabel Loyola a réalisé son premier documentaire « La folle entreprise : sur les pas de Jeanne Mance ».

Tout comme son héroïne, Mme Loyola est née à Langres, une petite ville située « en campagne perdue » de la France. Curieuse d’en savoir plus sur ce lien qui les unissait, elle a décidé de visiter le Musée des hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal, ce qui l’a motivée à réaliser un documentaire sur sa vie, en 2006, raconte celle qui demeure sur le Plateau-Mont-Royal depuis un peu plus d’une décennie.

Ainsi, depuis six ans, la fondatrice de l’Hôtel-Dieu fait partie de la vie de la réalisatrice, qui a épluché tous les documents d’archives possibles et imaginables, afin de « réparer une injustice ». Quel impact cela aura-t-il, 370 ans plus tard?

« C’est très important. Ça me rend fière de savoir que ma ville d’accueil a aussi été fondée par une femme. Les femmes ont longtemps été occultées dans les écrits et de voir une forme de réhabilitation, ça me touche beaucoup », indique-t-elle.

Qui est Jeanne Mance?

Jeanne Mance n’était ni une sainte, ni une religieuse, ni une veuve, ni une épouse. Elle a été la première infirmière laïque à venir s’installer en Amérique du Nord.

« C’est une femme qui était à contre-courant de son époque. Avant de fouler le sol de la Nouvelle-France, Jeanne Mance a été engagée au même titre que Paul de Chomedey de Maisonneuve, comme chef de la mission. Lui est embauché pour s’occuper des choses du dehors : défricher les terres, construire un fort et assurer la défense; tandis qu’elle a été choisie pour s’occuper du dedans: la finance, la gestion ainsi que le soin des âmes et des corps. Ensemble, ils assuraient un équilibre.

« Au moment de partir, il y a un navire qui quitte en partance de Dieppe, et deux autres qui partent de Larochelle. Maisonneuve et Jeanne Mance sont à la tête de ces deux derniers. Le bateau de Maisonneuve arrive un mois plus tard que celui de Jeanne Mance. Elle a donc dû gérer et coordonner les hommes de son navire et de celui de Dieppe, ne sachant pas si son confrère était mort », fait valoir Mme Loyola.

Selon elle, l’infirmière possédait aussi une longueur d’avance sur son confrère, puisqu’elle possédait une importante somme d’argent pour financer la construction de son hôpital.

Documentaire

La sortie en DVD du film coïncide avec le 370e anniversaire de Montréal. Le 17 avril, la ville du même nom a officiellement reconnu que Jeanne Mance a été l’une de ses fondatrices.

Des démarches sont en cours pour diffuser l’œuvre de Mme Loyola, qui se veut également un outil pédagogique, dans les écoles et les bibliothèques afin de faire connaître la véritable histoire de Jeanne Mance.

« Je suis en pourparlers avec le ministère de l’Éducation pour intégrer une activité pédagogique dans le cadre du programme Culture à l’école. Avec l’aide de la Société d’histoire et de généalogie du Plateau, à laquelle j’appartiens, j’ai fait une demande pour aller dans les écoles du Plateau, afin de faire un atelier vidéo où les jeunes créeront leur propre film sur Jeanne Mance », annonce-t-elle.

Le DVD La folle enterprise: sur les pas de Jeanne Mance sera lancé le 22 mai, lors d’un 5 à 7 ouvert à tous, à la Boîte noire (376, avenue Mont-Royal Est). Pour en savoir plus sur le film, on consulte le www.jeannemancefilm.com

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