Mercier & Anjou

Démocratiser le théâtre à travers la courte pièce  

Démocratiser le théâtre à travers la courte pièce  
Véronick Raymond, la directrice générale et directrice artistique du Festival Tout'tout court.

D’une durée de dix minutes ou moins, la courte pièce est au théâtre ce que la nouvelle est au roman. Le Festival Tout’tout court à Mercier-Hochelaga-Maisonneuve se dédie à cette forme moins connue. La 4e édition se déroulera du 9 au 19 octobre et présentera plus de 35 courtes pièces écrites, dirigées et jouées par plus de 125 artistes.

Pour la directrice artistique du festival, Véronick Raymond, la courte pièce est un genre en soi. « C’est une toute autre forme d’écriture, explique-t-elle. Ça appelle à une grande concision et une exposition des personnages très efficace. Quand c’est bien écrit, il n’y a aucun mot superflu. »

Véronick Raymond pense également que cette forme d’écriture rend le théâtre plus accessible. « Avec dix pièces courtes de dix minutes et moins, il y a une diversité d’offres et ça permet au public de découvrir des genres qu’il pensait ne pas aimer », mentionne-t-elle.

L’idée de créer un festival mettant en vedette « la courte forme » est partie des soirées théâtre tout court, lors desquelles de courtes pièces américaines et québécoises étaient présentées au théâtre de La Licorne. « On voulait présenter plus de textes et les offrir à plus de gens gratuitement », explique Mme Raymond.

La diversité en vedette

Cette année, le festival Tout’tout court est composé de huit volets différents : Pour faire une histoire courte, enParallèle1, enParallèle2, Labo, Bilingue, Communauté, Familles, Écris et Idées. La programmation offre des événements gratuits et payants.

La diversité, autant des genres que culturelle, est au cœur du festival, selon les organisatrices. « Il y a beaucoup d’artistes des minorités pour qui c’est difficile d’avoir accès à de la visibilité, mais le festival est vraiment une porte ouverte pour eux », explique l’artiste et coordonnatrice du festival, Vanessa Seiler.

Pour la première fois cette année, une artiste autochtone participera au festival, se réjouit Véronick Raymond. Maya Cousineau Mollen sera sur scène pour performer et lire son dernier recueil de poésie, Bréviaire du matricule 082.

Lieu de rencontre

Pour le volet Bilingue, des comédiens anglophones et francophones sont amenés à travailler ensemble. « S’il y a deux solitudes, ils ne se croisent jamais et ne se parlent jamais, mais là, c’est un moyen de les faire se rencontrer », estime la directrice artistique.

Chaque année, les citoyens montréalais et les étudiants sont également invités à soumettre leur création de 10 minutes et moins pour la scène. Les courtes sélectionnées sont ensuite montées et interprétées par des artistes professionnels dans un des volets du festival.

L’étudiant au Conservatoire d’art dramatique de Québec Vincent Paquette est l’écrivain d’un des textes gagnants. Sa courte pièce Caroline raconte un moment dans la vie de deux parents qui auront à prendre une décision tragique par rapport à leur enfant. « L’histoire raconte un fait vécu par ma tante, un moment qui a bouleversé sa vie à jamais, explique-t-il. Ma tante m’inspire, je la trouve forte et je voulais lui rendre hommage avec ce texte. »

Selon Vincent Paquette, le Festival Tout’tout court permet la rencontre de la relève avec les professionnels et crée des liens et des collaborations importantes. « Il met de l’art et de la beauté dans le quartier », pense-t-il.