Mercier & Anjou

Maladies pulmonaires obstructives chroniques : Sensibiliser pour mieux prévenir

Maladies pulmonaires obstructives chroniques : Sensibiliser pour mieux prévenir
Le coordonnateur médical aux maladies chroniques au CIUSSS Dr. Réal Barrette.

Ce soir, le Stade olympique sera illuminé en rouge afin de souligner la journée mondiale des maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC). L’enjeu est important, surtout dans l’est de Montréal, selon le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, établissement qui est à l’origine de cette initiative.

Les MPOC, ce sont la combinaisons de l’emphysème et la bronchite chronique, avec comme symptômes principaux une toux et un essoufflement disproportionnés. « Près de 80 à 90% des gens qui ont une maladie pulmonaire sont des usagers du tabac », explique le coordonnateur médical aux maladies chroniques au CIUSSS le docteur Réal Barrette.

Dans l’Est, 10,4% de la population est atteinte d’une MPOC. Le taux est de 8,5% dans le reste de l’île de Montréal. « Il y a 18,7% de fumeurs dans l’Est de Montréal, c’est un des taux les plus élevé au pays, indique Réal Barrette. De plus, l’Est a un gros passé industriel, donc il y a plus de gens atteints dans cette partie du Québec. »

Un test pour diagnostiquer les MPOC

Pour diagnostiquer une maladie pulmonaire, il faut faire un test en spirométrie donné par des inalothérapeutes. « C’est un test assez simple à faire, il faut simplement respirer dans une machine, explique le docteur Barrette. On veut augmenter le nombre de spirométries qui est fait par année. Il s’en fait quelques centaines actuellement et on veut passer à quelques milliers. »

Selon Réal Barrette, tous les gens qui ont des symptômes devraient passer un test de spirométrie. Pour le passer aucune prescription n’est nécessaire, il faut seulement prendre rendez-vous au Centre d’expertise en maladie chronique, à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Il ajoute que, pour bien informer les gens, tous les travailleurs de la santé devraient penser à référer chaque patient présentant les symptômes à ce test. « Plusieurs milliers de patients de l’est de Montréal ne sont pas diagnostiqués, indique-t-il. Plus tôt on la dépiste, plus tôt on peut commencer la médication, plus tôt on pourra freiner l’évolution négative de la maladie. »

594 00 personnes sont touchées par les maladies pulmonaires obstructives au Québec. Elles constituent actuellement la première cause d’hospitalisation.

Enseigner la maladie au patient

Au Centre d’expertise en maladies chroniques, il existe un programme avec lequel les patient peuvent rencontrer des experts de la santé individuellement ou en groupe pour en apprendre plus sur la maladie. « Le nerf de la guerre avec les MPOC, c’est la compréhension de la maladie et l’autogestion des patients », mentionne Réal Barrette.

Le Centre d’expertise en maladies chroniques est également en train de mettre sur pied un centre de réadaptation pulmonaire prévu pour fin 2020. « Les patients choisis doivent faire une sorte de camp d’entraînement qui dure à peu près huit semaines où on les ramène à l’état de fonctionnement pulmonaire qu’ils avaient avant d’être hospitalisés et on leur introduit la notion d’activité physique. »

Mais dès janvier prochain, le Centre d’expertise en maladies chroniques commencera à faire de la « téléréadaptation » au CLSC avec des patients un peu moins malades après avoir été hospitalisés.