Mercier & Anjou
17:35 21 janvier 2020 | mise à jour le: 23 janvier 2020 à 10:00 temps de lecture: 3 minutes

Enquête de l’ARTM : stagnation presque totale des habitudes de transport dans l’Est

Enquête de l’ARTM : stagnation presque totale des habitudes de transport dans l’Est
Photo: Archives Métro Média

Il y a eu très peu de changements dans la façon de se déplacer dans l’Est, ces dernières années. La voiture domine encore largement et l’utilisation du transport en commun stagne, alors que plusieurs projets sont sur la table pour mieux desservir cette partie de la métropole.

L’enquête Origine-Destination, réalisée tous les cinq ans, donne un portrait global des déplacements dans la région métropolitaine de Montréal. Les premiers résultats de celle de 2018 ont été rendus publics aujourd’hui.

Entre 2013 et 2018, l’utilisation de la voiture par rapport au nombre de déplacements motorisés, dans l’Est, a connu une infime hausse d’un dixième de point de pourcentage. Le transport en commun a connu précisément la même augmentation, étant toujours le moyen auquel on a recours pour un peu plus d’un déplacement sur cinq.

Dans l’Est, l’automobile est populaire. Elle l’est toutefois encore plus pour les déplacements à l’intérieur du secteur. En effet, 80,6% de tous les déplacements «internes» se font en voiture individuelle. Le transport en commun pour ce même type de voyage est utilisé à la hauteur de 14,1%.

C’est pour transiger avec l’extérieur du secteur que le transport en commun est le plus utilisé avec 21,8%.

Globalement, la région métropolitaine de Montréal a enregistré pendant cette période une légère diminution de 1% de l’utilisation de la voiture et une hausse de 4% pour le transport collectif.

Habitudes et offre de service

Pour l’ancienne directrice de la défunte Agence Métropolitaine de Transport, Florence Junca-Adenot, la stagnation des chiffres est intimement liée à une diminution de l’offre de service et au peu de changements qui ont été apportés aux infrastructures de transport. «Il y a eu une baisse de l’offre de service à Montréal dans les dernières années. Les statistiques reflètent ça», explique-t-elle.

L’experte pense que l’Est métropolitain a un fort potentiel pour améliorer ses statistiques, qui sont similaires à celles d’une banlieue. «C’est un grand pôle d’emplois. Ce n’est pas normal qu’on ait un nombre de déplacements en voiture aussi élevé», dit-elle.

La voiture plus prisée qu’avant?

En cinq ans, le nombre de voitures a augmenté de 5000, dans le secteur. Le nombre par ménage a aussi augmenté. Il est passé de 1,18 à 1,22, tandis que de moins en moins de résidents vivent sans automobile.

«Je dis souvent que ça va être difficile pour les gens de l’Est de se départir de leur voiture, mentionne la mairesse de l’arrondissement Rivière-Des-Prairies-Pointe-Aux-Trembles, Caroline Bourgeois. Ce qu’il faut travailler, c’est sur l’acquisition d’une deuxième voiture. Pour changer ça, il faut être capable d’offrir des services adéquats, dont des infrastructures majeures de transport.»

Les décideurs comptent convaincre les résidents de l’Est de se tourner vers le transport collectif en investissant massivement sur de grands projets, comme la ligne bleue, ou le projet de transport structurant sur la rue Notre-Dame. Il faudra toutefois encore plusieurs années avant que ceux-ci soient réalisés.

À lire aussi: La mobilité en 2030: la fin de l’enclavement de l’Est ?

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