Montréal
15:19 21 janvier 2020

L’Enquête Origine-Destination de l’ARTM en 5 faits saillants

L’Enquête Origine-Destination de l’ARTM en 5 faits saillants
Photo: Pablo Ortiz/Métro

Tous les cinq ans, depuis les années 70, la traditionnelle Enquête Origine-Destination donne une idée de la manière dont se déplacent les Montréalais. Autrefois supervisé par le Ministère des Transports du Québec (MTQ), l’exercice était piloté pour la première fois par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) cette année. Quels faits saillants en ressortent dans la métropole?

#1: La pire progression en 20 ans pour le transport collectif

Le transport collectif récolte à peine 4% de progression par rapport à 2013, selon les données de l’enquête. Il s’agit du pire rendement en la matière depuis plus de 20 ans. Entre 2003 et 2008, la hausse avait été de 14%.

Pour plusieurs experts, la tendance s’expliquerait par le fait que peu de grands projets ont été finalisés depuis cinq ans. Mais aussi par l’absence de politiques décourageant l’utilisation de l’auto solo. L’ARTM, elle, ne s’inquiète pas outre-mesure, et soutient que la part modale a tout de même légèrement augmenté de 1%.

#2: Moins de déplacements en voiture, mais…

En cinq ans, l’usage de la voiture s’est bel et bien affaibli d’environ 1% dans la métropole, ce qui donne espoir à plusieurs analystes que nous sommes sur la bonne voie.

Mais malgré tout, 68% des déplacements en heure de pointe du matin sont toujours effectués en véhicule, qui demeure l’option de transport la plus populaire. Le parc automobile, lui, continue de croître dans la région de Montréal. Il atteindrait maintenant plus de 2,6 millions de véhicules.

#3: Les couronnes en veulent plus

Le principe de stagnation des transports collectifs s’applique aussi dans les couronnes de Montréal. Au sud, la hausse d’usage des transports collectifs n’est que de 6% depuis 2013. Une donnée qui contraste durement avec les augmentations de 59% entre 2003 et 2008 et de 22% entre 2008 et 2013.

Sylvain Yelle, le directeur général d’exo – l’organisme qui gère les trains de banlieue dans la métropole – estime que le développement du transport collectif dans les couronnes n’a «pas suivi la croissance» de la population. «Il y a un déficit d’investissements à combler. Les couronnes sont les générateurs de la croissance démographique de la région métropolitaine», a-t-il insisté.

L’île de Montréal regroupe encore 50% de la population de la région. Mais près de 75% de sa croissance démographique se fait à l’extérieur de celle-ci.

#4: Plus d’intermodalité

De plus en plus de gens – environ 8% de plus par rapport à 2013 –, utiliseraient toutefois les deux modes de manière «combinée». Près des trois-quarts des déplacements pour le travail ou les études vers le centre-ville sont aussi effectués en transport collectif et bimodal.

L’ARTM note dans son rapport que 42 000 déplacements supplémentaires faisant «l’usage de l’auto et du métro» ont été observés. L’usage jumelé de la voiture et du train de banlieue augmente aussi de 32 000, alors qu’avec le bus, on en recense 22 000 de plus.

#5: La STM se réjouit, Laval en «zéro croissance»

Pour la porte-parole de la Société de transport de Montréal (STM), Amélie Régis, l’Enquête Origine-Destination 2018 «affiche de bons résultats pour le transport collectif», surtout pour l’île de Montréal.

Sur l’augmentation régionale observée de 19 000 déplacements en transport collectif et bimodaux, «on en compte 14 000 effectués par les résidents de Montréal, ce qui correspond à 74 % de la croissance observée», fait-elle remarquer. La STM utilisera les résultats de cette enquête «pour planifier l’offre de transport collectif», dit Mme Régis, mentionnant le prolongement de la ligne bleue, le REM et le SRB Pie-IX.

À Laval, toutefois, l’utilisation des transports collectifs n’a pratiquement pas évolué, selon les résultats de l’enquête. Un peu moins de 50 000 usagers utiliseraient toujours le métro, les bus ou les trains de banlieue.